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Algérie : un proche de Bouteflika estime que les migrants "amènent le crime, la drogue"

Ahmed Ouyahia le 11 juin 2017 lors d'une conférence de presse à Tunis.
Ahmed Ouyahia le 11 juin 2017 lors d'une conférence de presse à Tunis. Ryad Kramdi, AFP

Des déclarations hostiles aux migrants d'un des hommes forts du régime du président Bouteflika, Ahmed Ouyahia, suscitent l'indignation des défenseurs des droits de l'Homme en Algérie.

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"Ces étrangers en séjour irrégulier amènent le crime, la drogue et plusieurs autres fléaux." En Algérie, cette violente sortie contre les migrants, prononcée dimanche 9 juillet à la télévision par Ouyahia Ahmed, patron du Rassemblement national démocratique – le deuxième parti du pays – et allié crucial du Front de libération nationale au pouvoir, a fait bondir les défenseurs des droits de l'Homme.

Dans un communiqué, Amnesty International a estimé "choquants et scandaleux" ces propos prononcés par celui qui est également le directeur du cabinet du président Bouteflika. Ils "alimentent le racisme et favorisent la discrimination et le rejet de ces personnes" ayant "fui les guerres, la violence et la pauvreté". Secrétaire général de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH), Abdelmoumene Khelil a quant à lui fustigé des déclarations "dignes des discours de l'extrême droite européenne", qui "viennent torpiller le discours équilibré sur le sujet du nouveau Premier ministre" Abdelmajid Tebboune, nommé fin mai.

Le Premier ministre a en effet annoncé son intention d'élaborer une loi sur le droit d'asile en Algérie, qui ne dispose pas de législation sur les réfugiés bien qu'elle ait signé les principales conventions internationales. Selon le quotidien arabophone El-Khabar, le ministre de l'Intérieur, Nourredine Bedoui, a présenté durant la semaine au gouvernement les grandes lignes du projet sur les migrants : lancement d'un recensement et délivrance de permis de travail dans les secteurs manquant de main d'œuvre tels que les travaux publics, l'agriculture ou la pêche.

>> À lire : Longtemps taboue en Algérie, la question du racisme provoque un vif débat public

Cette nouvelle polémique intervient deux semaines après le lancement d'une violente campagne virale contre les migrants subsahariens dans le pays. Le hashtag rédigé en arabe sur Twitter (#لا_للافارقه_في_الجزاير, Non aux Africains en Algérie) a enflammé les réseaux sociaux algériens.

Parmi les nombreuses voix qui se sont élevées pour dénoncer cette campagne, celle de Kamel Daoud. Le 30 juin, l'intellectuel et écrivain algérien, menacé de mort dans son pays d'origine, s’est attaqué dans une chronique à cette "vague de racisme qui traverse l’Algérie ces jours-ci". Il estime que "le racisme se durcit, devient violent, s’exprime sans tabou" dans le pays. Il regrette que ce phénomène soit généralement associé à un vice occidental, et soit nié en Algérie et dans le monde dit "arabe".

Ces dernières années, les Observateurs de France 24 ont rapporté à plusieurs reprises des cas de mauvais traitements, d’expulsions arbitraires et de discriminations raciales basées sur l’origine ou la couleur de peau des victimes, des migrants souvent livrés à eux-mêmes dans le centre ou en périphérie des villes algériennes.

Avec AFP

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