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TUNISIE

Le procès de l’attentat du musée du Bardo s’ouvre en toute discrétion à Tunis

Un membre des forces spéciales de sécurité tunisiennes devant le musée du Bardo, le 18 mars 2016, lors des cérémonies organisées un an après l'attentat du musée.
Un membre des forces spéciales de sécurité tunisiennes devant le musée du Bardo, le 18 mars 2016, lors des cérémonies organisées un an après l'attentat du musée. Fethi Belaïd, AFP
Texte par : Julia DUMONT
4 mn

Le procès de l’attentat du musée du Bardo, perpétré en 2015, à Tunis, s’est ouvert, mardi, dans la capitale tunisienne, en présence de 21 accusés. Le parquet doit encore se prononcer sur la date de la prochaine audience.

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Plus de deux ans après l’attentat survenu le 18 mars 2015 dans le musée du Bardo, à Tunis, le procès des accusés s’est ouvert en toute discrétion, mardi 11 juillet, devant le tribunal de première instance de la capitale tunisienne. Cette attaque jihadiste avait fait 22 victimes : 21 touristes étrangers, dont quatre Français, et un policier tunisien.

Selon l’un des avocats de la défense, Me Samir Ben Amor, 21 accusés, dont deux femmes, en état d'arrestation, ont assisté à cette première audience qui n'avait fait l'objet d'aucune annonce préalable. Trois autres accusés, en liberté, ne se sont pas présentés. Une trentaine de personnes est également poursuivie par contumace, a ajouté Me Rafik Ghak, autre avocat de la défense.

Le parquet doit désormais fixer la date de la prochaine audience, a encore indiqué la défense.

Du côté des parties civiles, les avocats français qui représentent les victimes et leurs familles sont loin d’accueillir ce procès avec soulagement.

Boycott du procès

L’un d’eux, Me Philippe de Veulle, a annoncé dans un communiqué adressé à l’AFP son boycott du procès, affirmant qu'il n'offrait pas "les conditions d'une justice sereine et indépendante".

De son côté, selon Le Parisien, Me Gérard Chemla, qui défend avec Me Pauline Manesse 27 parties civiles, a adressé une lettre à la garde des Sceaux dans laquelle il s’insurge contre la volonté de Tunis de faire payer aux victimes françaises leurs frais de déplacement et de leur fournir des avocats commis d’office. "Il est inenvisageable que mes clients confient leur défense à un avocat qu'ils n'auront jamais rencontré. Il est de la responsabilité de l'État d'accompagner les victimes françaises. La France ne peut pas être spectatrice de ce procès", écrit-il.

Pour le moment aucune des victimes ou proches de victimes françaises n’a prévu de faire le déplacement en Tunisie.

Fin 2016, le parquet de Tunis avait annoncé la clôture de l'enquête par le juge d'instruction, et la tenue d'un procès dans le courant de l'année 2017, sans autres précisions.

Une enquête pleine de zones d’ombre

Dès l’ouverture de l’enquête, les avocats des partis-civiles françaises ont souvent dénoncé le travail de la justice tunisienne, altéré par des retards d’envoi des procès-verbaux d’interrogatoires, parfois transmis en arabe, des querelles intestines entre services de sécurité et des allégations de torture sur des suspects.

Me Philippe de Veulle a également dénoncé les supposées sympathies islamistes du juge d'instruction du pôle antiterroriste chargé de l'affaire, Béchir Akremi. En août 2015, le magistrat a ordonné la remise en liberté de six complices présumés des auteurs de l’attaque du Bardo après que ces-derniers ont dit avoir été victimes de torture.

"Plus aucune charge n'est retenue contre eux, alors que l'enquête avait établi, pour deux d'entre eux, qu'ils avaient transporté les terroristes ou des armes", s’énerve Me de Veulle dans une interview accordée au Parisien.

Deux ans et demi après l’attentat, la défense n'a toujours pas reçu la totalité des pièces. "Nous ne disposons que du dixième du dossier pénal tunisien", déplore Me Manesse.

Avec AFP
 

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