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Sans surprise, l'astronomie est un secteur encore hostile aux femmes, surtout lorsqu'elles sont noires

Twentieth Century Fox

Menée entre 2011 et 2014 sur un panel de 474 femmes astronomes, une étude révèle l’existence d’un sentiment d’insécurité au travail exacerbé chez les femmes noires. La faute aux comportements sexistes et racistes répandus.

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On savait le milieu scientifique sexiste, mais une nouvelle étude publiée mardi 11 juillet, dans la revue Journal of Geophysical Research éclaire le champ plus précis et moins connu de l’astronomie. C'est désormais acté : chez les scientifiques spécialistes des astres et des planètes, les comportements sexistes et racistes sont légions.  

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À la tête de l’étude : Kate Lancy, professeure à l’université de l’Illinois et spécialiste des discriminations dans les sciences – un sujet qu’elle étudie depuis plusieurs années. En 2014, Kate Lancy avait déjà révélé dans une enquête, réalisée sur un échantillon de 600 femmes scientifiques, que 71 % d’entre elles avaient subi des remarques sexistes au travail, et 26 % avaient été victimes de harcèlement sexuel.

Un milieu sexiste...

Cette fois, Kate Lancy est allée chercher 474 femmes américaines ayant exercé comme astronomes entre 2011 et 2014. Issues de parcours universitaires et d’origines variées, elles étaient interrogées sur leur environnement de travail et leurs relations avec leurs collègues hommes.

Certaines évitent d’assister à des évènements professionnels

Des comportements de harcèlement ont été rapportées par toutes les femmes, au point que certaines racontent aller jusqu’à éviter d’assister à certains évènements.

... Encore plus hostile aux femmes noires

Mais pour les femmes noires, le milieu professionnel qu'est l'astronomie s'avère encore plus toxique. En situation d'intersectionnalité, elles enregistrent les taux d'expériences négatives au travail les plus élevés : 18 % d’entre elles ont déjà refusé de participer à certaines manifestations professionnelles parce qu’elles ne se sentaient pas en sécurité. Contre 12 % des femmes blanches.

40 % des femmes noires astronomes expliquent leur sentiment d’insécurité au travail par leur sexe, quand 28 % d’entre elles le justifient par leur couleur de peau.

Des évolutions de carrières compliquées

Le constat est alarmant pour les chercheurs qui dénoncent "une perte considérable d’opportunités de carrières à cause d’un climat hostile".Les raisons pour lesquelles les femmes victimes de harcèlement refusent d’en parler sont plurielles. Mais dans le milieu académique, observe Gizmodo, la situation est d’autant plus complexe que les progressions de carrières sont difficiles, ce qui amène certaines victimes à garder le silence pour ne pas se voir étiquetée comme "l'élément à problème" de l'équipe.

La thématique avait été portée au cinéma récemment avec "Les Figures de l’Ombre", un film sur trois femmes noires, oubliées des manuels scolaires alors qu’elles avaient travaillé comme mathématiciennes pour la NASA en pleine guerre des étoiles contre l’URSS, à une époque où la ségrégation était encore légale aux États-Unis.

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