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CHINE

Pékin rejette les critiques après la mort du prix Nobel Liu Xiaobo

Mémorial en hommage au dissident Liu Xiaobo devant le bureau de liaison chinois de Hong Kong, le 13 juillet 2017.
Mémorial en hommage au dissident Liu Xiaobo devant le bureau de liaison chinois de Hong Kong, le 13 juillet 2017. Isaac Lawrence, AFP
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Pékin a rejeté vendredi les "déclarations déplacées" des pays étrangers sur la mort en détention du dissident Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix 2010, affirmant qu'il s'agissait d'une "affaire intérieure" chinoise.

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Pékin a rejeté vendredi 14 juillet le flot de critiques des pays étrangers au lendemain du décès en détention du dissident et prix Nobel de la paix 2010 Liu Xiaobo.

Liu Xiaobo, 61 ans, a succombé jeudi à un cancer du foie quelques semaines après avoir été placé en liberté conditionnelle dans un hôpital de Shenyang, dans le nord-est du pays. Pékin avait rejeté les appels de pays occidentaux à le libérer pour qu'il puisse suivre un traitement à l'étranger. 

 "La Chine est un État de droit. Le traitement du dossier Liu Xiaobo relève des affaires intérieures chinoises et les pays étrangers ne sont pas bien placés pour faire des déclarations déplacées", a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang.

Pékin a par ailleurs dénoncé vendredi l'attribution du prix Nobel de la paix à Liu Xiaobo en 2010. "Attribuer le prix à une telle personne contredisait l'objectif même de cette récompense. Le prix Nobel de la paix a été blasphémé", a accusé Geng Shuang.

L'ex-président du comité Nobel norvégien, Thorbjørn Jagland, toujours membre du comité, a justifié cette attribution. "La lutte pour les droits humains contribue à la paix", a-t-il dit. "C'est pour cela que le comité que je présidais avait remis le prix de la paix à Liu Xiaobo".

Plusieurs dirigeants étrangers, de l'Américain Donald Trump au Français Emmanuel Macron et à l'Allemande Angela Merkel, ont rendu hommage au défenseur de la démocratie. Le comité Nobel a accusé Pékin de porter "une lourde responsabilité" dans son décès. Le président du Conseil européen Donald Tusk et celui de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ont réitéré l'appel de l'UE à "la libération de tous les prisonniers de conscience" en Chine.   

Alors que les médias chinois se gardaient d'évoquer la mort du dissident, dont le nom reste tabou dans son pays, le quotidien Global Times faisait exception à la règle avec un éditorial accusant "des forces étrangères" d'avoir utilisé Liu Xiaobo pour attaquer la Chine. "Elles ont utilisé la maladie de Liu afin d'améliorer leur image et de diaboliser la Chine", a dénoncé le journal étroitement contrôlé par le parti au pouvoir.

Lors d'une conférence de presse jeudi soir à Shenyang, les médecins de Liu Xiaobo ont assuré qu'ils avaient fait leur possible pour sauver le malade, dont l'état se serait subitement dégradé après que des médecins occidentaux admis à son chevet eurent offert de l'hospitaliser à l'étranger. Les médecins chinois ont précisé que l'opposant était mort entouré de sa femme, Liu Xia, placée en résidence surveillée depuis 2010, soit pendant le plus clair de la détention de son mari. Les États-Unis et l'Union européenne ont appelé Pékin à remettre Liu Xiao en liberté et à la laisser quitter le pays si elle le désire, mais Geng Shuang a rétorqué qu'il ne se prononçait pas sur son éventuel départ pour l'étranger.

Détenu pendant plus de huit ans pour "subversion", l'opposant politique est le premier prix Nobel de la paix à mourir en détention depuis un pacifiste allemand emprisonné par les nazis et décédé en 1938.

Avec AFP
 

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