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Sarah Halimi: un "déni de justice" pour les avocats de la famille

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Paris (AFP)

Les avocats des enfants de Sarah Halimi, tuée par son voisin musulman en avril à Paris, ont dénoncé mardi un "déni de justice", la qualification antisémite n'ayant pas été retenue lors de la mise en examen de Kobili Traoré.

Au vu de son audition, le suspect est "quelqu'un de tout à fait cohérent qui se rappelle de tout avec force détails", s'est étonné Me Jean-Alex Buchinger, lors d'une conférence de presse.

"Le caractère antisémite, c'est l'évidence (...). Et j'ai le sentiment qu'on peut parler de déni de justice", s'est-il indigné.

"Mon client considère qu'il s'agit d'un véritable déni de justice", s'insurge un autre avocat dans des lettres adressées mardi aux juges d'instruction et au parquet de Paris. "Il n'est pas possible (...) de ne pas mettre dans le débat judiciaire ce qui interpelle une grande partie de la société allant de sa base jusqu'à même le président de la République", souligne Me David-Olivier Kaminski deux jours après l'évocation du drame par Emmanuel Macron lors de la commémoration du Vel d'Hiv.

"Je ne suis pas antisémite", "je n'ai jamais eu de problèmes avec des juifs auparavant", a déclaré Kobili Traoré à la juge d'instruction venue l'entendre pour la première fois à l'hôpital psychiatrique le 10 juillet, selon une source proche du dossier.

Cet homme de 27 ans admet qu'il connaissait la religion de sa victime, une juive orthodoxe de 65 ans, en raison de "sa façon de s'habiller" et car ses enfants, "quand ils venaient, ils avaient la kippa".

Le 4 avril, aux cris d'"Allah Akbar", entrecoupés d'insultes et de versets du Coran, il avait roué de coups sa victime. "Ensuite je ne sais pas ce qui m'a pris, je l'ai soulevée et jetée par la fenêtre", a-t-il relaté à la juge.

Lucie Attal, aussi appelée Sarah Halimi - nom de son ex-époux - est morte dans la chute. "J'ai tué le sheitan" (le démon, en arabe), avait hurlé le jeune homme.

"Je me sentais comme possédé", "oppressé par une force extérieure, une force démoniaque", a expliqué le jeune homme, pris de "bouffées d'angoisse" depuis la veille et qui affirme avoir fumé plus d'une dizaine de joints de cannabis ce jour-là.

Une expertise psychiatrique doit être rendue avant la fin de l'été.

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