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Le Chili sur le point de dépénaliser l'avortement thérapeutique

Des Chiliens manifestent pour réclamer le droit à l'avortement, à Santiago le 21 mard 2016.
Des Chiliens manifestent pour réclamer le droit à l'avortement, à Santiago le 21 mard 2016. Martin Bernetti, AFP

Ce pays ultra-conservateur, qui n'autorise l'avortement sous aucune circonstance, est sur le point de légaliser l'IVG thérapeutique en cas de viol. Dans le pays, le nombre d'avortements clandestins est estimé à 160 000.

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C'est un changement de société majeur que s'apprête à vivre le Chili. Après des heures de débat intense et plus de deux années de procédure, les sénateurs chiliens ont approuvé dans la nuit du mercredi 19 juillet le principe de la dépénalisation de l'avortement. Ce texte, qui doit encore être validé par la Chambre des députés, ne s'appliquerait que dans trois cas : risque vital pour la mère, non-viabilité du fœtus et viol.

"Un matin historique"

"C'est un matin historique", s'est félicitée la présidente socialiste Michelle Bachelet, alors que 70% des Chiliens approuvent le texte, selon les sondages. "Au-delà de l'avis personnel de chacun, ce que permet [ce texte] c'est que nous soyons un pays où les femmes, confrontées à de telles situations, puissent prendre la meilleure décision possible", a ajouté la chef de l'État, dont le mandat se termine en mars 2018.

"Les trois causes qui étaient au cœur de la lutte ont été approuvées, (...) ce qui représente une grande contribution à l'histoire du Chili", s'est félicité Claudia Dides, porte-parole d'une association de défense des droits humains, quelques minutes après le vote du Sénat.

Officiellement le Chili enregistre quelque 30 000 avortements provoqués ou spontanés, mais les interruptions clandestines pourraient être de l'ordre de 160 000.

Cinq ans de prison

L'histoire d'une chilienne de 13 ans, violée par un parent et enceinte d'un bébé non viable, avait ému l'opinion publique car elle n'a eu d'autre issue que d'aller au bout de sa grossesse. D'autres cas semblables dont celui de Belen, une fillette de 11 ans, enceinte après avoir été violée par son beau-père, ont relancé le débat sur une légalisation partielle de l'avortement, qui a repris fin 2014 au Congrès après plusieurs mois d'interruption.

Toutes deux, si elles avaient avorté, risquaient jusqu'à cinq ans de prison, même si, selon une étude officielle, aucune femme chilienne n'a été emprisonnée ces dernières années pour ce délit.

Depuis, ce texte déchaîne les passions : le Chili, où l'Église est très présente, a été un des derniers pays développés à reconnaître le divorce, en 2004. "Mon corps, ma décision", pouvait-on lire sur un panneau des militants pro-avortement devant le Congrès, qui ont été délogés par la police après des affrontements avec des groupes religieux, équipés de pancartes avec l'inscription "Reviens vers le Christ", a constaté l'AFP.

Lors de son premier mandat (2006-2010), la présidente Bachelet, pédiatre de formation, avait bataillé dur pour faciliter l'accès à la "pilule du lendemain", qui lui avait valu d'être dénoncée devant le Tribunal constitutionnel et qui reste encore difficile à obtenir dans ce pays de 17 millions d'habitants.

Outre le Chili, le Salvador, le Nicaragua, le Suriname, Haïti, la République dominicaine sur le continent américain, les Philippines et les îles Palaos en Asie, le Sénégal, la Guinée-Bissau, le Gabon, le Congo, Madagascar, Djibouti et la Mauritanie en Afrique interdisent totalement l'avortement. En Europe, seuls Malte, Andorre, le Vatican et Saint-Marin sont dans ce cas.

Avec AFP

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