Accéder au contenu principal

Incendies dans le Var: "On a vu le ciel rouge", racontent les habitants évacués

4 mn
Publicité

Bormes-les-Mimosas (France) (AFP)

Ils ont entendu les sirènes dans la nuit, puis ont vu les flammes dévorer les collines. Les yeux cernés, plus d'un millier de personnes évacuées dans la nuit attendaient mercredi dans des salles municipales de Bormes-Les-Mimosas (Var), où 1.300 hectares ont flambé.

"Toutes les collines étaient en feu jusqu'à la mer", raconte Jean-Paul Poinsart, 68 ans, qui habite à la Verrerie, entre la Londe-Les-Maures et Bormes. "On s'est auto évacués chez ma fille, plus du côté de Bormes. On n'a plus de courant depuis minuit".

Dans la salle des fêtes de la petite ville idyllique de Bormes-les-Mimosas, des enfants dorment sur des lits de camps, d'autres dessinent, pendant que leur parents prennent un café. Les volontaires de la protection civile font l'aller-retour avec un gymnase où sont rassemblées d'autres personnes évacuées, leur apportant des médicaments.

"A 01h00 du matin, on est venu nous chercher dans la résidence où nous sommes en vacances et on nous a dit d'évacuer. On a passé la nuit dans la voiture sur la place du village", raconte Bérénice Conrad, venue de Haute-Marne.

"On est là pour une semaine mais je serais bien rentrée chez moi cette nuit. Il y a des incendies sans arrêt, je ne dis pas que c'est criminel mais c'est bizarre quand même", ajoute-t-elle. Dans les hauteurs, de nombreux panaches de fumée et des flammes s'élèvent au-dessus des collines verdoyantes.

Dans la nuit, la mairie et les pompiers ont évacué de 10 à 12.000 personnes. "Nous avons évacué tous les campings situés dans des zones sensibles. Des camions passent avec des sirènes, on a appelé les directeurs des campings", raconte le maire de Bormes, François Arizzi, venu à la rencontre des personnes évacuées.

- Simulation d'évacuation -

Dans les lotissements, les évacuations se sont faites grâce aux sirènes, mais aussi par du porte-à-porte et grâce au bouche-à-oreille.

"La plupart des personnes sont parties de façon autonome vers le bord de mer. On leur a donné un lieu de rendez-vous où des cars les ont emmenées vers les salles ouvertes pour les accueillir. La difficulté sera de les garder cette nuit, si nécessaire", précise le maire.

Une famille allemande de neuf personnes est assise en cercle dans la salle des fêtes. "Nous sommes venus en vacances depuis Francfort, en camping, il y a deux jeunes enfants avec nous. Vers 03H00, les sirènes nous ont réveillés. Nous nous sommes rassemblés sur la plage. Toute la montagne était en feu. On a vu le ciel rouge. Le feu était très large et grandissait", raconte Amelie, la vingtaine.

"Nous sommes allés au point de rassemblement, un bus nous a emmenés ici vers 05H00. C'est très bien organisé, nous avons eu de l'eau, du café, un petit-déjeuner. Notre camping ne semble pas avoir brûlé, on attend de savoir quand on pourra rentrer", raconte Peter, la trentaine, autre membre de cette famille.

Non loin, un millier de personnes est accueilli dans un gymnase, dont de très nombreux enfants. Une queue s'est formée pour récupérer du cake, des salades, des boissons pour le repas de midi. Allongés sur des tapis de gymnastique, certains dorment tandis que les enfants font de l'escalade sur un mur équipé ou jouent au ballon.

"Nous avions fait une simulation d'évacuation en cas d'incendie hier après-midi, et le soir même on l'a appliquée. Le responsable du camping nous a dit dans le mégaphone de prendre la voiture et de venir dans ce gymnase", raconte Alain Moreau, 67 ans, venu passer un mois au camping de Cabasson avec sa femme.

"Nous nous sommes occupés des personnes âgées, il y a eu des médicaments pour tout le monde", souligne ce médecin lyonnais, qui a apporté son aide aux personnels de secours. "La Protection civile a été formidable", dit-il.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.