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Sénégal : Macky Sall veut autoriser toute pièce d'identité pour voter aux législatives

© Mamadou Touré Behan, AFP | Une électeur sénégalais tenant sa carte électorale L, en 2012.

Texte par Florence RICHARD

Dernière modification : 26/07/2017

Le président sénégalais Macky Sall a saisi le Conseil constitutionnel afin de permettre l'utilisation, lors des législatives dimanche, de pièces d'identité autres que la carte électorale, que tous les électeurs n'ont pas encore obtenue.

Un caillou de taille s'est glissé dans les rouages de l’organisation des élections législatives sénégalaises. À quatre jours du vote, seulement 70 % des électeurs sont en possession de leur nouvelle carte d’électeur, selon les chiffres communiqués par le ministre de l'Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo. La cause ? Des "lenteurs" dans la livraison et le retrait des cartes d’identité biométriques, ces cartes "couteaux suisses", à la fois passeport, permis de conduire et… carte d’électeur, mises en fabrication fin 2016 par le gouvernement, alors que les anciennes cartes électorales sont aujourd'hui périmées. 

>> À lire : "Législatives au Sénégal : 'Il y a fort à parier que les électeurs préfèrent rester chez eux'"

Le président sénégalais Macky Sall a saisi le Conseil constitutionnel, lundi 24 juillet, afin que les électeurs dépourvus du précieux sésame puissent malgré tout voter, munis d’autres pièces d’identité. Une carte d’identité nationale numérisée, une carte d’électeur numérisée, un passeport, un permis de conduire ou un document d’immatriculation, pour les primo-inscrits non détenteurs d’un des quatre premiers documents administratifs, pourraient être autorisés. "Il faut rappeler qu'une telle éventualité avait été proposée par la société civile", précise le chef d’État dans un communiqué.

À l'annonce de ce recours, une partie de l’opposition est montée au créneau. Elle accuse le gouvernement de n'avoir pas produit à temps suffisamment de cartes dans le but de priver de vote ses électeurs. "Après avoir démantelé les piliers de notre démocratie par une série de tripatouillages de la loi électorale au gré de ses intérêts partisans, le président Macky Sall tente aujourd'hui de porter un énième coup de grâce aux acquis démocratiques de notre pays", s’inquiète la coalition d’opposition Mankoo Taxawu Senegaal (MTS) dans un communiqué.

Une "marche de réclamation des cartes d'électeurs"

L'ancien président Abdoulaye Wade, qui a pris la tête d'une liste d'opposition, a appelé à une "marche de réclamation des cartes d'électeurs" mardi, une manifestation dispersée par les forces de l'ordre. "Ce que nous faisons est dans l'intérêt du pays. Nous prenons nos responsabilités pour que les gens votent et pour faire partir (le président) Macky Sall, qui a détruit le Sénégal", a expliqué l'ancien chef d'État, depuis le quartier résidentiel de Fann, à Dakar, où il réside.

Macky Sall s'est défendu en réaffirmant "son attachement sans réserve à l'organisation d'élections transparentes, libres et démocratiques. Le préalable dans ce sens est la possibilité pour chaque Sénégalais d'accomplir librement son devoir citoyen".

Les législatives sont organisées avec la participation d'un nombre record de 47 listes, contre 24 en 2012. La campagne électorale ouverte le 9 juillet s'achève vendredi. Le scrutin vise à renouveler l'Assemblée nationale, où le nombre des sièges va passer de 150 à 165, après une révision constitutionnelle créant 15 postes de députés pour représenter la diaspora sénégalaise. 

Première publication : 26/07/2017

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