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GM&S: le repreneur potentiel à la rencontre des salariés, en "sauveur" de 120 emplois

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La Souterraine (France) (AFP)

Le dirigeant de l'emboutisseur GMD, seul repreneur en lice pour l'équipementier creusois GM&S, est venu jeudi rencontrer les salariés à La Souterraine (Creuse), en quête d'adhésion à son offre de reprise partielle et en se présentant en "sauveur" de 120 emplois sur 277.

"Je viens sauver 120 emplois, je ne viens pas casser 150 emplois", a déclaré à des journalistes Alain Martineau, PDG de GMD, à son arrivée peu après 10H30 dans le calme, dans l'usine de facto inactive depuis mi-juin, où vaquaient les "tee-shirts bleus" des salariés de GM&S.

"Il est important de rencontrer les salariés. Je vais essayer de les convaincre de l'intérêt de l'offre", a insisté le repreneur potentiel, qui a aussitôt entamé une visite guidée de l'usine. Il devait ensuite s'entretenir avec des élus du personnel, les administrateurs.

GM&S, placé en décembre en redressement judiciaire, son 3e en huit ans après une succession de reprises éphémères et néfastes, a été placé en liquidiation le 30 juin dernier. Le tribunal de commerce de Poitiers a prolongé l'activité jusqu'au 31 juillet, date à laquelle il doit statuer sur la seule offre de reprise sur la table, celle de GMD.

Les négociations des dernières semaines ont permis de lever des conditions suspensives auquelles GMD liait son offre, notamment des garanties de commandes de PSA et Renault (les principaux clients de GM&S), d'investissement sur le site (partagé entre l'Etat, PSA et Renault), et l'aspect foncier-immobilier.

GMD entend à présent racheter les murs de GM&S pour un million d'euros, a rappelé M. Martineau jeudi matin, insistant que cet "achat des murs est un signe positif, car cela veut dire qu'on ne va pas s'en aller, qu'on reste là".

Du point de vue du ministère de l'Economie, actif sur le dossier depuis des semaines - Bruno Le Maire s'est rendu à La Souterraine la semaine dernière - l'adhésion des salariés reste "la dernière condition suspensive" à la reprise du site. Il a appelé le personnel lundi à "considérer favorablement" l'offre de GMD.

- Les salariés espèrent mieux -

"C'est difficile de reprendre une entreprise avec des salariés qui ne veulent pas de vous", a souligné M. Martineau jeudi. "Il faudra quand même qu'ils (les salariués) disent qu'ils sont d'accord pour venir, travailler et qu'on travaille tous ensemble à rebâtir une entreprise."

Les salariés, eux, ont dit mercredi "réfléchir". Ils restent convaincus que le repreneur peut mieux faire sur l'emploi que 120 maintenus - en réalité 112 CDI et 8 CDD, soulignent-ils -, et déterminés à obtenir le meilleur accompagnement possible pour ceux qui partiront.

Il y a quelques semaines, peu avant la liquidation, une trentaine environ de salariés de GM&S avaient exprimé l'intention de partir, indiquait-on à l'époque de source syndicale.

"Moi je m'occupe de ceux qui restent, en espérant qu'on va se développer et embaucher d'autre gens", a posé M. Martineau. "PSA et Renault ont donné des vues à cinq ans de chiffre d'affaires donc a le temps de s'organiser, de se développer, de regagner la confiance des clients et de repartir, pas de doute".

GMD (Groupe Mécanique Découpage), spécialisé dans l'emboutissage, la plasturgie, la fonderie, l'étanchéité, compte 3.750 collaborateurs, répartis sur 29 sites en France, Europe de l'Est, Maghreb et Asie. Son chiffre d'affaires 2016 s'établissait à 750 millions d'euros, selon son PDG.

GM&S et ses 277 emplois (et environ 800 emplois indirects, selon les élus locaux) était à ce jour le deuxième employeur privé de Creuse, au poids économique vital dans un département rural, le deuxième moins peuplé de France. L'entreprise était à l'origine en 1963 un atelier familial de fabrication de jouets en métal, dont des trotinettes. L'usine de sous-traitance mécanique compta jusqu'à 600 salariés en 1990.

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