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Venezuela : l'opposant Ledezma libéré, tensions avant l'inauguration de la Constituante

Le maire de Caracas, Antonio Ledezma, est l'une des figures de l'opposition à Nicolas Maduro.
Le maire de Caracas, Antonio Ledezma, est l'une des figures de l'opposition à Nicolas Maduro. Juan Barreto, AFP

L'opposant vénézuélien Antonio Ledezma a été de nouveau placé en résidence surveillée vendredi matin, après trois jours de détention, le jour où Nicolas Maduro doit inaugurer une Assemblée constituante, dans un contexte extrêmement tendu.

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Le maire de Caracas, Antonio Ledezma, a été libéré de prison vendredi 4 août. Cet opposant au président socialiste Nicolas Maduro, de retour en résidence surveillée après trois jours en prison, a été libéré le jour de l'inauguration de la très contestée Assemblée constituante.

C'est Mitzy Capriles, l'épouse d'Antonio Ledezma, qui a annoncé la nouvelle sur Twitter : "Il y a quelques minutes, Antonio a été ramené à la maison de manière inopinée par le service de renseignement", a-t-elle écrit.

Condamné pour complot contre Nicolas Maduro, Ledezma avait déjà bénéficié d'une mesure d'assignation à résidence en 2015. Mais il avait été réincarcéré en pleine nuit de lundi à mardi en même temps qu'une autre figure de l'opposition, Leopoldo Lopez. La Cour suprême les accusait d'avoir fomenté un plan pour s'évader et d'avoir violé les termes de leur assignation à résidence en faisant des déclarations politiques.  Les deux opposants avaient appelé à ne pas participer à l'élection de la nouvelle Assemblée constituante, dotée de pouvoirs illimités.

Une inauguration malgré les critiques

Le président socialiste Nicolas Maduro devait, par ailleurs, inaugurer, vendredi, l'Assemblée toute puissante, malgré les critiques internationales et le rejet de l'opposition qui l'accuse d'enterrer la démocratie et a appelé à manifester, laissant craindre de nouvelles violences.

Selon les autorités, plus de 8 millions d'électeurs, soit 41,5 % du corps électoral, ont participé à l'élection des membres de la Constituante, le 30 juillet. Mais l'institut de sondages Datanalisis avance que la Constituante est rejetée par 72 % des Vénézuéliens.

Thomas Posado, docteur en Sciences politiques à Paris VIII, spécialiste du Venezuela

L'Assemblée se situe au-dessus de tous les pouvoirs, y compris du chef de l'État. Elle aura pour mission de réécrire la Constitution du Venezuela de 1999, promulguée par Hugo Chavez.

Son élection dimanche, entachée par des violences qui ont fait dix morts, a suscité un tollé international. Plus de 120 personnes ont été tuées en quatre mois de manifestations contre le président.

Des experts de l'ONU dénoncent l'usage de tribunaux militaires

Dans ce contexte, un groupe de cinq experts de l'ONU a appelé le gouvernement du Venezuela à mettre un terme aux détentions systématiques de manifestants et à cesser de traduire les civils devant des tribunaux militaires. Cet appela été notamment lancé par le président-rapporteur du groupe de travail sur la détention arbitraire, le Mexicain Jose Antonio Guevara Bermudez, par le rapporteur spécial sur la torture, le Suisse Nils Melzer, ou encore par le rapporteur sur le droit de réunion pacifique, l'Italienne Annalisa Ciampi.

"Des milliers de personnes auraient été détenues depuis avril 2017 dans le cadre des manifestations. Dans nombre de ces cas, les détenus ont été soumis à un isolement temporaire, sans être en mesure de communiquer avec leurs familles ou avocats, avant d'être déférés devant un tribunal", écrivent-ils dans un communiqué. Ils estiment qu'au moins 400 manifestants auraient été traduits devant des tribunaux militaires depuis avril.

Avec AFP

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