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"Résignée", Carla Del Ponte claque la porte de la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie

Carla Del Ponte est membre de la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie depuis 2012.
Carla Del Ponte est membre de la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie depuis 2012. Fabrice Coffrini, AFP (Illustration)

L'ancienne procureure spécialiste des crimes de guerre Carla Del Ponte a annoncé dimanche qu'elle entend démissionner de la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie, qui n'a "jamais rien obtenu" et n'est portée par "aucune ambition politique".

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"Je suis frustrée. J'abandonne !" Sur les rives suisses du Lac majeur, la très impulsive Carla Del Ponte, ex-procureure et spécialiste des crimes de guerre, a annoncé dimanche 6 août qu'elle quittait la Commission d'enquête indépendante de l'ONU sur la Syrie, qu'elle avait rejoint en septembre 2012.

"Je ne peux plus être dans cette Commission qui ne fait absolument rien", n'est "portée par aucune volonté politique", et n'a "jamais rien obtenu", a-t-elle dénoncé en marge du festival du film de Locarno, dans le Tessin, sa région natale. L'ancienne procureure acharnée du Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda, connue pour son franc-parler, promet que, résignée, elle enverra sa lettre de démission "dans les prochains jours".

La Commission, créée en août 2011 par le Conseil des droits de l'Homme, quelques mois après le début du conflit syrien, et présidée par le Brésilien Paulo Pinheiro, a déjà rendu plusieurs rapports mais n'a jamais été autorisée par Damas à se rendre en Syrie.

Carla Del Ponte accuse les membres du Conseil de sécurité de l'ONU de "ne pas vouloir rétablir la justice", l'empêchant de faire son travail dans ce conflit qui a fait plus de 330 000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

"Terribles crimes"

Elle dénoncait dès 2013 un conflit sans "gentils" ni "méchants", des atrocités étant commises dans les deux camps. La guerre s'étant complexifiée au fil des années, avec l'implication d'acteurs régionaux, de puissances étrangères et de groupes jihadistes, elle juge que désormais, "tous en Syrie sont du côté du mal. Le gouvernement Assad a perpétré de terribles crimes contre l'humanité et utilisé des armes chimiques. Et l'opposition n'est désormais composée que d'extrémistes et de terroristes".

"Croyez-moi, des crimes horribles comme ceux commis en Syrie, je n'en ai pas vus au Rwanda, ni dans l'ex-Yougoslavie", dit celle qui a obtenu qu'un ancien chef d'État, le Serbe Slobodan Milosevic, réponde de crimes de guerre devant la justice internationale.

>> À voir : "Assad, c'est le Milosevic d'aujourd'hui"

Avec AFP

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