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Présidentielle au Kenya : un scrutin tendu et indécis qui fait craindre des violences

Des partisans du vétéran de l'opposition, Raila Odinga, lors d'un meeting le 3 août.
Des partisans du vétéran de l'opposition, Raila Odinga, lors d'un meeting le 3 août. Kevin Midigo, AFP

Face aux tensions qui entourent les élections générales de mardi au Kenya, avec une présidentielle très indécise, les Kényans redoutent une flambée de violence et certains se préparent au pire.

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Dix ans après la présidentielle de décembre 2007 qui s'était terminée par un bain de sang, les Kényans sont appelés à élire, mardi 8 août, un nouveau président à l'occasion d'un scrutin tendu et indécis.

Les deux candidats en lice sont des visages très familiers des Kényans. Uhuru Kenyatta, fils du père de l'indépendance Jomo Kenyatta, est président depuis 2013 et brigue un second mandat de cinq ans. Opposant de longue date, Raila Odinga, qui à 72 ans dispute probablement sa dernière présidentielle, estime s'être fait voler la victoire en 2007 et avait contesté les résultats en 2013.

150 000 agents mobilisé

En 2007, plus de 1 200 personnes avaient trouvé la mort dans les affrontements ethniques qui avait suivi la victoire contestée de Mwai Kibaki. Uhuru Kenyatta et son actuel vice-président, William Ruto, ont été accusés par la Cour pénale internationale d'avoir orchestré ces violences, mais les charges ont finalement été abandonnées en 2014 faute de preuves. Et en 2013, Uhuru Kenyatta est devenu président, toujours au détriment de Raila Odinga, mais cette fois, la contestation est restée pacifique, l'opposant choisissant la voie des tribunaux.

 

À l'approche du scrutin de mardi au cours duquel les Kényans sont également appelés à élire leurs députés, sénateurs, gouverneurs et représentants aux assemblées locales, les instituts de sondage donnent les deux hommes au coude-à-coude.

Le chef de la police et le ministère de l'Intérieur ont tenté de rassurer les Kényans : plus de 150 000 policiers ou membres d'autres organes de l'État comme les gardes de parcs nationaux seront déployés afin d'assurer la sécurité des 41 000 bureaux de vote.

Réserve de provisions

Les électeurs n'en restent pas moins nerveux. Des tracts contenant des messages de haine ont circulé, les deux candidats ont accusé leur adversaire de pratiques déloyales et chacun considère que la victoire ne peut que lui revenir. Raila Odinga, qui rassemble sous son nom les principaux courants de l'opposition au sein de la Nasa (National Super Alliance), a estimé que l'alliance présidentielle, Jubilee, ne pourrait pas l'emporter à moins de tricher. Uhuru Kenyatta a rétorqué que la commission électorale avait mis en place toutes les dispositions nécessaires pour assurer un scrutin sans irrégularités.

Le meurtre, la semaine dernière, d'un haut responsable électoral, Chris Msando, dont le corps mutilé a été retrouvé dans une morgue de Nairobi, a choqué les Kényans et soulevé de nouvelles questions sur la sécurité du système de vote. Les médias ont laissé entendre que son assassinat pourrait être lié à son rôle, qui consistait à superviser le système de vote électronique.

Par crainte d’une flambée de violences, de nombreux Kényans font le plein de provisions ou prennent la route : les compagnies de transport indiquent que le nombre de bus quittant Machakos, la principale gare routière de Nairobi, a doublé ces derniers jours. Les entreprises ont également pris leurs précautions. Selon la presse locale, elles ont conseillé à leurs employés de rassembler leurs proches, de faire des réserves et de garder sous la main le numéro de téléphone d'un docteur.

Avec AFP et Reuters

 

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