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Kenya : le président sortant Kenyatta en tête, l'opposition crie à la fraude

Des partisans de l'opposant Raila Odinga ont érigé des barricades mercredi à Kisumu pour protester contre les résultats.
Des partisans de l'opposant Raila Odinga ont érigé des barricades mercredi à Kisumu pour protester contre les résultats. Kevin Midigo, AFP

L'opposition kényane a annoncé mercredi qu'elle rejetait les résultats provisoires de la présidentielle donnant son candidat Raila Odinga nettement devancé par le chef de l'État sortant, Uhuru Kenyatta. Des incidents ont éclaté.

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"Il s'agit d'une fraude d'une gravité monumentale, il n'y a pas eu d'élection". Le chef de file de l'opposition au Kenya, Raila Odinga, a rejeté en bloc mercredi 9 août les résultats provisoires de la présidentielle donnés par la commission électorale, qui attribuent au président sortant Uhuru Kenyatta près de 55 % des suffrages. "Ils sont fictifs, ils sont faux", a-t-il déclaré, dénonçant une fraude informatique "massive et généralisée" lors d'une conférence de presse.

Raila Odinga a ainsi affirmé que les systèmes et bases de données de la commission électorale avaient été piratés dans la nuit en utilisant les identifiants de Chris Msando, un haut responsable de la commission assassiné la semaine dernière et dont le corps mutilé a été retrouvé dans une morgue de Nairobi.

Tension dans des bastions de l'opposition

Raila Odinga a appelé ses partisans au calme mais a prévenu : "Je ne contrôle pas le peuple". Des incidents ont été signalés dans les bastions de l'opposition comme la ville de Kisumu, dans l'ouest du pays, où les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser une centaine de partisans d'Odinga. Dans le bidonville de Mathare, à Nairobi, des manifestants ont également dressé des barricades sur une route principale.

L'opposition juge particulièrement suspect que le score prêté à Kenyatta se soit maintenu à un niveau constant à mesure que le dépouillement se poursuivait et a estimé les chiffres contraires à leurs projections.

La Commission électorale (IEBC) a publié mercredi à la mi-journée les résultats transmis électroniquement par 94,5 % des bureaux de vote, créditant Uhuru Kenyatta de 54,36 % des suffrages, contre 44,77 % pour Raila Odinga, sur un total de 14,4 millions de votes comptabilisés. Pour l'opposant, la commission électorale n'avait pas respecté l'obligation de fournir les formulaires de certification des résultats, signés par des observateurs des partis dans chaque bureau de vote.

Pas de résultats définitifs avant plusieurs jours, Kerry appelle à "la patience"

Le président de l'IEBC, Wafula Chebukati, a qualifié l'élection de "libre et juste" et souligné que les résultats publiés en ligne, sur la base de transmissions électroniques depuis les bureaux de vote, ne sont pas "définitifs". La Commission va rassembler les copies originales des procès-verbaux de résultat de chacun des bureaux de vote avant de publier ces résultats définitifs, un processus qui pourrait prendre plusieurs jours, a-t-il précisé lors d'une conférence de presse. "Pour l'instant, je ne peux pas dire si ce système a été piraté ou non", a en outre déclaré Wafula Chebukati au sujet du piratage informatique évoqué par l'opposition.

L'ancien secrétaire d’État américain, John Kerry, à la tête de la mission d'observation du Carter Center au Kenya, a conseillé mercredi aux deux candidats d'attendre les résultats définitifs avant de les commenter.

Kenya : John Kerry conseille aux candidats d''attendre les résultats définitifs avant de les commenter

Raila Odinga est sorti perdant des deux derniers scrutins dans le pays, des défaites qu'il a attribuées à la fraude électorale. En 2007, Raila Odinga avait contesté le résultat – la victoire de Mwai Kibaki – et appelé à des manifestations. Plus de 1 200 personnes avaient trouvé la mort dans les affrontements ethniques qui avaient suivi. En 2013, la contestation est restée pacifique, l'opposant choisissant la voie des tribunaux.

Avec Reuters et AFP

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