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Accusé de génocide, l’EI reste l'ennemi numéro 1 de Washington

Rex Tillerson, devant le comité pour les relations internationales du Sénat, le 11 janvier 2017.
Rex Tillerson, devant le comité pour les relations internationales du Sénat, le 11 janvier 2017. Saul Loeb, AFP

Le gouvernement américain a publié mardi son premier rapport sur la liberté religieuse sous l’ère Trump. Le “génocide” commis par le groupe État islamique (EI) demeure la première préoccupation de Washington, y apprend-t-on.

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Rex Tillerson pèse ses mots : "l'EI est clairement responsable de génocide à l'encontre des yézidis, des chrétiens et des musulmans chiites". S’exprimant mardi 15 août après la publication du rapport annuel sur la liberté religieuse à travers le monde, le chef de la diplomatie américaine a souhaité "lever toute ambiguïté par rapport à des déclarations ou rapports précédents du département d'État".

Pour lui, les atrocités commises par l'EI répondent bien aux caractéristiques qui définissent un génocide, à savoir "des actes précis, avec l'intention spécifique de détruire totalement ou en partie un peuple spécifique".

"Alors que nous progressons dans notre campagne pour battre l'EI (...), ses membres terroristes ont ciblé et continuent de cibler de nombreux groupes religieux et ethniques, par le viol, les enlèvements, l'esclavage et même la mort", a dénoncé Rex Tillerson. "La protection de ces groupes - et d'autres qui sont la cible de l'extrémisme violent - demeure une priorité de l'administration Trump en matière de droits de l'Homme", a-t-il assuré en conférence de presse.

Déclaration de Rex Tillerson devant la presse au sujet du rapport sur la liberté religieuse

Déjà en 2016, sous Obama, les “atrocités” commises par le groupe jihadiste étaient au cœur du rapport.

Pas de réaction au “muslim ban”

Six mois après le changement d'administration et la polémique sur le “muslim ban” -un décret interdisant l’entrée aux États-Unis de ressortissants de six pays musulmans- les questions des journalistes ont fusé. Les réponses, un peu moins : l’ambassadeur Michael Kozak, du bureau de la démocratie, des droits de l'Homme et du travail au département d'État, a simplement assuré que les États-Unis avaient une "longue tradition" de liberté religieuse. Et que le rapport ne fournissait pas d'autoévaluation de la situation américaine.

>> À lire sur France 24 : États-Unis : 1 400 chrétiens irakiens sans papiers ciblés par les services de l'immigration

Le rapport, qui passe en revue les entraves à la liberté de culte et de croyance dans quelque 200 pays, pointe cette année les discriminations contre les musulmans et l'antisémitisme en Europe, notamment en Hongrie. Washington a fait part de sa "préoccupation au sujet de la rhétorique anti-musulmans de la part de responsables du gouvernement" de Viktor Orban sur fond de crise migratoire.

L'administration américaine a aussi exprimé des "inquiétudes" s'agissant d'actes antisémites et de discrimination anti-musulmane en Allemagne, où une interdiction partielle du voile intégral islamique fait actuellement débat.

L’Iran, la Chine et l’Arabie saoudite aussi épinglés

Plusieurs pays sont plus durement épinglés. Parmi eux, des ennemis de longue date des États-Unis, comme l'Iran, qui "continue de condamner à mort des personnes au nom de lois vagues sur l'apostasie", a déploré Rex Tillerson. En Chine, "le gouvernement torture, arrête et incarcère des milliers de personnes pour avoir pratiqué leurs croyances religieuse", a-t-il ajouté.

Mais des alliés sont aussi pointés du doigt, comme l'Arabie saoudite, où "le gouvernement ne reconnaît pas le droit des non musulmans à pratiquer leur religion en public", selon Rex Tillerson. Également dénoncé : le Pakistan, "où plus d'une vingtaine de personnes sont dans les couloirs de la mort ou emprisonnées à vie pour blasphème".

Le rapport ne se contente toutefois que de fournir un état des lieux à l'administration et au Congrès, ce qui n'implique pas de sanctions immédiates.

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Avec AFP

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