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Attentats en Catalogne : l'enquête s'étend au passage des jihadistes en France

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avec son homologue espagnol, Juan Ignacio Zoido Alvarez, au siège de la gendarmerie d'Issy-les-Moulineaux, près de Paris, le 23 août 2017.
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avec son homologue espagnol, Juan Ignacio Zoido Alvarez, au siège de la gendarmerie d'Issy-les-Moulineaux, près de Paris, le 23 août 2017. Thomas Samson, AFP

Des membres du groupe terroriste sont passés en région parisienne avant de commettre les attentats en Catalogne qui ont tué 15 personnes, jeudi 17 août, selon l'enquête menée conjointement par les polices espagnole et française.

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Pourquoi des membres de la cellule jihadiste espagnole sont-ils venus en région parisienne ? C’est ce que les enquêteurs français et espagnols tentent de savoir. Des membres impliqués dans les attentats perpétrés jeudi 17 août en Catalogne se sont en effet rendu les 11 et 12 août derniers en Ile-de-France.

Les hommes ont effectué ce déplacement à bord de l'Audi A3 qui a servi dans une attaque à la voiture bélier à Cambrils, a indiqué mercredi à la presse le procureur de la République, François Molins. Ce dernier n'a par ailleurs ni confirmé ni infirmé la présence, lors de ce voyage, du conducteur présumé de la camionnette qui a fauché des dizaines de personnes à Barcelone, Younès Abouyaaqoub, finalement abattu lundi par la police catalane.

François Molins a en revanche confirmé d'autres éléments de l'enquête révélés ces derniers jours dans la presse française, notamment leur nuit passée dans un hôtel de Malakoff, près de Paris, et leur passage par un magasin FNAC parisien. "Personne ne peut penser (...) que ce voyage éclair ait été effectué pour acheter un appareil photo à la FNAC", a-t-il dit. "Donc il faut s'attacher à déterminer les raisons de ce voyage. Pourquoi est-ce qu'ils étaient là ? Est-ce que c'était pour faire des repérages, est-ce que c'était pour récupérer des choses et est-ce que c'était pour rencontrer des gens ?"

Coopération européenne

La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et la Sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire, ont été chargées de l'enquête par la section antiterroriste du parquet de Paris.

Le procureur a loué la "très bonne qualité" de la coopération entre les autorités françaises et espagnoles. "Il y a des renseignements et des éléments qui sont en cours d'échange entre les services (...) et tout ça va donner lieu à un certain nombre de vérifications", a-t-il dit.

Quelques heures auparavant, les ministres de l'Intérieur français et espagnol, Gérard Collomb et Juan Ignacio Zoido, avaient fourni une autre illustration de cette coopération en signant un accord de coopération en matière de formation entre les gendarmeries des deux pays.

Selon les autorités espagnoles, la cellule de 12 hommes démantelée en Catalogne envisageait des attentats beaucoup plus meurtriers. Ils en ont été empêchés par la destruction accidentelle de la maison où ils préparaient semble-t-il des engins explosifs.

La lutte contre les réseaux jihadistes en Europe

L'imam de la petite ville catalane de Ripoll, Abdelbaki Es Satty, recruteur et cerveau présumé de cette cellule, est mort dans cette explosion. Selon la presse espagnole, il serait venu plusieurs fois en France, ce que n'a pas confirmé le ministre français de l'Intérieur.

"Nous savons que l'imam s'est rendu en Belgique, qu'il voulait devenir imam dans une mosquée de Belgique", a seulement dit Gérard Collomb à la presse, au siège de la Direction générale de la gendarmerie nationale, à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), après la signature de l'accord.

La question de la lutte contre les réseaux jihadistes en Europe sera au menu du prochain Conseil européen des ministres de l'Intérieur, dans une quinzaine de jours à Bruxelles.

"Nous insisterons (...) pour que les problèmes des réseaux terroristes soient mis au coeur de cette réunion de manière à ce que nous coordonnions toujours davantage nos informations et la lutte pour la prévention du terrorisme en Europe", a dit Gérard Collomb.

Avec Reuters

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