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ANGOLA

Angola : le parti au pouvoir MPLA remporte les élections générales

Un bureau de vote à Luanda le 23 août 2017.
Un bureau de vote à Luanda le 23 août 2017. Marco Longari, AFP
4 mn

Le MPLA est arrivé en tête des élections générales en Angola, avec 61 % des voix, a confirmé, vendredi, la commission électorale. Le candidat Joao Lourenço devrait succéder à José Eduardo dos Santos, qui a dirigé le pays pendant 38 ans.

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Sans surprise, le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), le parti au pouvoir, a largement remporté les élections générales avec 61,1 % des voix, a annoncé, vendredi 25 août, la Commission nationale électorale (CNE).

Même s'il recule nettement par rapport aux dernières élections de 2012 où il avait obtenu 72 % des voix, le MPLA rafle 150 des 220 sièges du Parlement, soit plus des deux tiers nécessaires pour faire passer ses projets de loi sans le soutien d'un autre parti.

Selon toute vraisemblance, c’est Joao Lourenço, le candidat de ce parti au pouvoir depuis l'indépendance - arrachée par l'Angola au Portugal en 1975, qui succédera donc au présidentJosé Eduardo dos Santos. À 74 ans et après presque quatre décennies d'un pouvoir sans partage, ce dernier a décidé de quitter le pouvoir.

“Il faut rappeler que dos Santos a été au pouvoir pendant 38 ans, donc le quitter volontairement est un événement important”, commente Didier Péclard, politologue spécialiste de l'Afrique subsaharienne au Global Studies Institute, sur l’antenne de France 24. “Cela dit, Joao Lourenço incarne aussi la continuité car il est un pur produit de la machine MPLA. Il a fait toutes ses classes politiques au sein du parti. Il en a été secrétaire général avant d’être écarté de toutes ses fonctions politiques au début des années 2000 pendant une dizaine d’années, et de revenir par la grande porte en tant que ministre de la Défense et maintenant probable futur président”, poursuit-il.

Didier Péclard note également que le probable futur président est entouré par “une famille très fortement accrochée au pouvoir”. “Sa fille aînée, Isabelle, est à la tête de la grande compagnie pétrolière Sonangol. Un de ses fils, Philomène est à la tête du Fonds souverain et plusieurs de ses proches politiques comme le général Kopelipa, le chef de la sécurité, sont encore là et bien là.”

Résultats contestés

Les deux principaux concurrents du MPLA - l'Unita (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola) et la Casa-CE - ont respectivement recueilli 26,7 % et 9,4 % des voix, a précisé la CNE, selon comptage portant sur le dépouillement de 97 % des bureaux de vote.

"Il y a eu violation de la loi, alors ce résultat n'a pas de valeur", a martelé vendredi devant la presse le vice-président de la Casa-CE, Andre Mendes de Carvalho. "Ce qui est certain, c'est que nous n'allons pas nous laisser tromper", a-t-il poursuivi, écartant toutefois, pour l’heure, une éventuelle contestation du scrutin devant la justice.

Plus direct, le directeur du site d'information proche de l'opposition Maka Angola, Rafael Marques, a accusé le régime d'avoir "inventé" les résultats.

Malgré sa manne pétrolière, l'Angola reste un des pays les plus pauvres de la planète. Les adversaires du régime accusent José Eduardo dos Santos d'avoir fait main basse sur la plupart des richesses du pays, une situation symbolisée par la nomination l'an dernier de sa fille Isabel, considérée comme la femme la plus riche d'Afrique, à la tête de la compagnie pétrolière nationale, la Sonangol.

Avec Reuters et AFP

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