Accéder au contenu principal

Azerbaïdjan: la seule agence de presse indépendante suspend ses activités

3 mn
Publicité

Bakou (AFP)

L'unique agence de presse indépendante d'Azerbaïdjan, Turan, a annoncé la prochaine suspension de ses activités après l'emprisonnement de son directeur et le gel de ses comptes par la justice de ce pays du Caucase au paysage médiatique très contrôlé.

"Le fonctionnement normal de notre agence est devenu extrêmement difficile. Nous sommes forcés de suspendre nos activités à partir du 1er septembre", a indiqué Turan sur son site internet.

L'agence Turan est l'un des rares médias en Azerbaïdjan à proposer une couverture critique du pouvoir du président Ilham Aliev, qui dirige depuis 2003 d'une main de fer cette ancienne république soviétique du Caucase, riche en hydrocarbures.

Le directeur et propriétaire de Turan, Mehman Aliev, a été arrêté jeudi et accusé d'évasion fiscale et d'abus de pouvoir dans une affaire qu'il dénonce comme montée de toutes pièces.

Vendredi, un tribunal de Bakou a décidé le maintien du journaliste de 60 ans en détention provisoire pour trois mois dans l'attente de son procès, après que le Parquet a ajouté à ses griefs l'accusation d'entrepreneuriat illégal. Il encourt jusqu'à sept ans de prison.

Les comptes bancaires de l'agence ont également été gelés par la justice, qui reproche à Turan des impayés d'impôts d'un montant de 19.000 euros.

Le ministère français des Affaires étrangères s'est dit "préoccupé" par l'arrestation de M. Aliev et a appelé Bakou à "se conformer à ses engagements internationaux en veillant notamment au respect de la liberté de la presse".

L'organisation de défense des droits des journalistes Reporters sans frontières (RSF) a réclamé la "libération immédiate" de Mehman Aliev, dont l'arrestation représente selon elle "une soudaine escalade dans la répression du régime envers le dernier média indépendant encore en activité en Azerbaïdjan".

L'ONG Human Rights Watch avait également dénoncé "un nouveau cas de répression féroce visant les médias critiques" du pouvoir azerbaïdjanais.

"L'utilisation de fausses accusations liées aux impôts pour condamner les journalistes critiques n'a rien de nouveau pour l'Azerbaïdjan", a estimé un responsable de Human Rights Watch pour le Caucase du Sud, Guiorgui Guoguia.

L'Azerbaïdjan est souvent critiqué par les ONG internationales, qui dénoncent une répression menée par le pouvoir contre les défenseurs des droits de l'Homme et les détracteurs du président Ilham Aliev. Ce dernier rejette ces accusations.

Reporters sans frontières (RSF) a placé l'Azerbaïdjan à la 162e place sur 180 pays dans son classement 2017 de la liberté de la presse.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.