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La Corée du Nord a procédé à un sixième essai nucléaire

Le leader nord-coréen, Kim Jong-un, dimanche 3 septembre 2017, inspecte ce qui est présenté comme une bombe à hydrogène.
Le leader nord-coréen, Kim Jong-un, dimanche 3 septembre 2017, inspecte ce qui est présenté comme une bombe à hydrogène. AFP Photo / KCNA VIA KNS

Alors que plusieurs agences géologiques étrangères avaient détecté dimanche des secousses sismiques, la Corée du Nord a annoncé avoir procédé avec succès au test d'une bombe à hydrogène destinée à être placée sur un missile à longue portée.

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C'est un pas de plus dans le programme nucléaire nord-coréen. Pyongyang a annoncé, dimanche 3 septembre, avoir procédé "avec un succès parfait", selon la télévision officielle, à l'essai souterrain d'une bombe à hydrogène capable d'être montée sur un missile à longue portée. Il s'agit du sixième essai nucléaire mené par la Corée du Nord en onze ans.

Cet essai a été ordonné par le dirigeant Kim Jong-un peu après l'annonce officielle que Pyongyang était parvenu à développer une nouvelle arme nucléaire dotée d'une "grande capacité destructrice", précise la télévision.

Des analystes étrangers ont émis ces derniers mois des doutes sur la capacité de la Corée du Nord à fabriquer une bombe H (bombe à hydrogène ou thermonucléaire) et à la miniaturiser suffisamment pour pouvoir l'installer sur un missile.

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Mais Kim Jong-un s'est rendu dimanche à l'Institut des armes nucléaires où il a "observé une bombe H destinée à être chargée dans le nouveau missile intercontinental", a rapporté l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

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L'engin inspecté par le dirigeant nord-coréen est "une bombe thermonucléaire d'une très grande puissance fabriquée par nos efforts et notre technologie", a déclaré KCNA, tandis que Kim Jong-un a souligné, selon l'agence, que "tous les composants de cette bombe H ont été fabriqués à 100 % nationalement".

L'essai mené dimanche a provoqué un séisme d'une magnitude de 6,3, enregistré à 11 h 30 (3 h 30 GMT) par l'institut américain de sismologie (USGS). La magnitude relevée par l'USGS laisse supposer que cet essai est d'une puissance dix fois supérieure à celui conduit en septembre 2016.

Une secousse d'une magnitude 4,6 due à "un affaissement" a par ailleurs secoué la Corée du Nord moins de 10 min après la première secousse, a indiqué le Centre chinois de surveillance sismologique.

Escalade des tensions

La télévision nord-coréenne a ajouté que ce nouvel essai, conduit un an après le précédent, constituait une étape "significative" dans la stratégie nucléaire du pays. Il ne manquera pas d'aggraver des tensions déjà très fortes sur la péninsule divisée.

Cette nouvelle initiative du régime de Kim Jong-un pose en effet un défi direct au président américain Donald Trump qui s'était entretenu quelques heures auparavant au téléphone avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe de l'escalade de la crise nucléaire dans la péninsule coréenne.

Les réactions n'ont en tout cas pas tardé. Le président sud-coréen, Moon Jae-in, a demandé "la punition la plus forte" contre la Corée du Nord, y compris de nouvelles sanctions de l'ONU. Et Pékin, l'un des rares alliés du gouvernement de Kim Jong-un, a "condamné vigoureusement" le nouvel essai nucléaire nord-coréen, tout en exhortant Pyongyang à "cesser d'aggraver la situation" avec des "gestes qui ne servent pas ses intérêts".

Le président français Emmanuel Macron a, lui, appelé dans un communiqué le Conseil de sécurité de l'ONU à réagir "rapidement" à l'essai nucléaire annoncé par la Corée du Nord, qu'il condamne "avec la plus grande vigueur". Le chef de l'État a également dit souhaiter "une réaction unie et claire de l’Union européenne."

>> À voir : États-Unis-Corée du Nord, la menace nucléaire est-elle crédible ?

La situation s'était déjà tendue en juillet quand la Corée du Nord a procédé à plusieurs essais réussis d'un missile balistique intercontinental ou ICBM, le Hwasong-14, puis en août lorsqu'elle avait tiré un missile qui a survolé le Japon avant de s'abîmer dans le Pacifique.

La Corée du Nord estime que la possession d'une dissuasion nucléaire crédible est indispensable à la survie de la nation, menacée en permanence selon elle par l'agressivité des États-Unis. Bien qu'étant sous le coup de sept séries de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU en raison de ses programmes nucléaire et balistique, le régime entend poursuivre ces activités.

Avec AFP et Reuters

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