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À Visa pour l'image, Vlad Sokhin, photographe de guerre climatique

Aéroport international, atoll de Majuro, République des îles Marshall.
Aéroport international, atoll de Majuro, République des îles Marshall. Vlad Sokhin / Cosmos / Panos Pictures / laif

Le photographe Vlad Sokhin a reçu le Visa d'or de l'information numérique pour son travail sur les effets du changement climatique dans l'extrême est de la Russie. Le reste de son travail sur le Pacifique fait aussi l'objet d'une exposition.

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Le changement climatique a longtemps été l'objet de blagues en Russie. Pourquoi se plaindre d'un phénomène qui permettrait de faire pousser des bananes dans la Taïga ? Mais, comme l'illustre avec talent le photographe russe Vlad Sokhin, lauréat du Visa d'or de l'information numérique dont France 24 est partenaire, le bon mot est devenu une menace bien réelle pour les habitants de la péninsule de Kamchatka, à l'extrême est de la Russie, coincée entre la Mer de Béring et l'ocean Arctique.

Fonte du permafrost (sol gelé en permanence), destruction des côtes, multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, ce n'est pas la taïga qui se transforme en forêt tropicale mais le temps qui se dérègle, mettant en péril la subsistance des populations locales et autochtones.

Le reportage multimédia consacré à Kamchatka s'inscrit dans le projet "Warm Waters", un travail de quatre ans durant lesquels Vlad Sokhin a documenté la vie sur les territoires touchés au quotidien par le changement climatique d'un bout à l'autre du Pacifique. Il donne à voir le dilemme de ceux qui vivent "sur la ligne de front du changement climatique", comme il le dit. Comment partir ? Comment rester ?

Sergey tente de sortir sa voiture du quartier inondé de la zone urbaine d’Oktiabrski, Russie.
Sergey tente de sortir sa voiture du quartier inondé de la zone urbaine d’Oktiabrski, Russie. © Vlad Sokhin / Cosmos / Panos Pictures / laif

"Attendre longtemps avant que quelque chose se passe"

"Le changement climatique est difficile à couvrir pour un photographe. Contrairement à une guerre, il faut attendre longtemps avant que quelque chose se passe."

Sur l'Île des Commandeurs, les gens naissent, s'aiment, travaillent, s'amusent, meurent malgré la raréfaction des réserves halieutiques et de l'eau potable, malgré la mer qui grignote la terre. On les voit pris entre la peur de tout perdre et la difficulté de partir. Des photos lumineuses là où on attendait un horizon gris, de la vie au milieu des épaves utilisées pour stabiliser le littoral, de la coquetterie dans un décor rustre.

Des dizaines de milliers de kilomètres séparent les Russes de la Mer de Béring, les pêcheurs de l'Alaska et les habitants des archipels Tuvalu et Kiribati, dans le Pacifique. Mais tous sont réunis  le temps d' une exposition au Couvent des Minimes, à Perpignan, jusqu'au 17 septembre. "Pour moi, ils sont les mêmes", explique Vlad Sokhin.

Peia Kararaua (16 ans), dans un quartier inondé du village d’Aberao, îles Kiribati, l’un des pays les plus durement touchés par la montée du niveau des mers.
Peia Kararaua (16 ans), dans un quartier inondé du village d’Aberao, îles Kiribati, l’un des pays les plus durement touchés par la montée du niveau des mers. Vlad Sokhin / Cosmos / Panos Pictures / laif

Jeudi, les nouvelles de l'ouragan Irma, qui a dévasté les îles antillaises de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, donnaient un relief tout particulier au travail du photographe. "Les cyclones de type 4 ou 5 ne sont pas la norme. Avant, c'était tous les 10 ans. Mais maintenant, ça arrive tout le temps," constatait-il. La guerre du changement climatique aura bien lieu.

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