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Birmanie : les Rohingyas victimes d'"un exemple classique de nettoyage ethnique", selon l'ONU

Des hommes armés de couteaux et de lance-pierres passent devant une maison en flammes, le 7 septembre 2017 dans l'État birman de Rakhine, où se trouvent de nombreux Rohingya.
Des hommes armés de couteaux et de lance-pierres passent devant une maison en flammes, le 7 septembre 2017 dans l'État birman de Rakhine, où se trouvent de nombreux Rohingya. AFP

Pour le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, la situation de la minorité musulmane rohingya en Birmanie s'apparente à un "exemple classique de nettoyage ethnique". Le Conseil de sécurité se réunira mercredi à ce sujet.

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La répression menée par les forces de sécurité birmanes contre les Rohingya est "clairement disproportionnée" et relève du "nettoyage ethnique", a dénoncé, lundi 11 septembre, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l'Homme Zeid Ra'ad Al Hussein. Le Conseil de sécurité de l'ONU va se réunir mercredi.

S'adressant aux membres du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, Zeid Ra'ad Al Hussein a appelé le gouvernement birman "à mettre fin à l'opération militaire cruelle en cours, avec l'obligation de rendre compte de toutes les violations qui se sont produites".

La diplomatie birmane, dirigée par Aung San Suu Kyi, a maintenu lundi soir, dans un communiqué, son soutien à l'armée : elle a assuré que "les forces de sécurité ont reçu pour instructions" d'"éviter des dommages collatéraux et que des civils innocents soient blessés lors de leur mission légitime de restauration de l’ordre". Dans une déclaration sans ambiguité, le chef de l'armée birmane a affirmé que les "‘Rohingya ne font pas partie de l'histoire du pays".

Clovis Casali, correspondant à Rangoun

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Le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a mis sur pied le 24 mars "une mission internationale indépendante" pour enquêter sur des exactions qui auraient été commises par des membres de l'armée contre la minorité musulmane des Rohingya, mais le gouvernement birman n'a pas autorisé les experts à se rendre sur place.

"La Birmanie ayant refusé l'accès aux enquêteurs (...), l'évaluation actuelle de la situation ne peut pas être entièrement réalisée, mais la situation semble être un exemple classique de nettoyage ethnique", a déclaré M. Zeid à l'ouverture de la 36e session du Conseil, à Genève.

Exécutions et villages brûlés

Traités comme des étrangers en Birmanie, un pays à plus de 90 % bouddhiste, les Rohingya sont apatrides même si certains vivent dans le pays depuis des générations. Selon les dernières informations de l'ONU, rendues publiques lundi, plus de 300 000 membres de cette minorité musulmane de l'État d'Arakan (Rakhine) ont fui au Bangladesh voisin depuis le 25 août, date à laquelle des attaques meurtrières des rebelles rohingyas contre la police ont déclenché une nouvelle répression de l'armée.

>> À lire sur France 24 : "Crise des Rohingya : près de 270 000 réfugiés au Bangladesh en deux semaines"

"Nous avons reçu de multiples rapports et des images satellites montrant des forces de sécurité et des milices locales brûlant des villages rohingyas, et des informations cohérentes faisant état d'exécutions extrajudiciaires, y compris de tirs sur des civils en fuite", a ajouté M. Zeid.

Les rebelles rohingyas ont déclaré dimanche un cessez-le-feu unilatéral d'un mois, mais le gouvernement birman a répondu toutefois qu'il ne négociait pas avec des "terroristes".

Avec AFP et Reuters

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