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Washington prolonge l’allègement des sanctions contre l’Iran

Le président américain estime que l'accord avec l'Iran est l'un "des pires jamais conclus".
Le président américain estime que l'accord avec l'Iran est l'un "des pires jamais conclus". Brendan Smialowski, AFP

Les États-Unis entretiennent le flou sur leur politique iranienne. Si l'administration Trump a décidé jeudi de prolonger la suspension des sanctions liées à l'accord nucléaire, elle reste menaçante à l'égard de Téhéran.

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Donald Trump souffle le chaud et le froid sur le dossier iranien. Washington a décidé jeudi 14 septembre de prolonger la suspension des sanctions économiques liées à l'accord nucléaire iranien, tout en affirmant poursuivre sa réflexion sur la stratégie à adopter vis-à-vis de Téhéran.

"L'administration a approuvé cette suspension pour se donner plus de flexibilité", a expliqué la porte-parole du département d'État Heather Nauert. Il s'agit de laisser "le temps au président et à son cabinet de prendre une décision finale sur la politique que suivront les États-Unis" quant à l'accord de non-prolifération JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action), signé en 2015 à Vienne. Ce dernier prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions en échange de garanties que Téhéran ne se dotera pas de l'arme atomique.

Décision présidentielle attendue avant le 15 octobre

Le président américain, qui n'a de cesse de critiquer la République islamique, doit décider d'ici le 15 octobre s'il "certifie" ou non devant le Congrès que Téhéran respecte les termes de cet accord. Il doit renouveler cette démarche tous les 90 jours et, bien qu'il ait promis avant son élection de "déchirer" l'accord nucléaire, il l'a depuis validé à deux reprises.

"Vous connaitrez ma décision très prochainement en octobre", a déclaré jeudi le président américain, à bord de Air Force One, estimant que "cet accord n'aurait jamais dû être passé". "Ils (les Iraniens) violent les différents termes (de l'accord) et ils violent l'esprit de l'accord", a-t-il également asséné.

Toutefois, dans son dernier rapport d'étape publié fin août, l'Agence internationale de l'énergie atomique, chargée de contrôler régulièrement tous les sites nucléaires iraniens, estime que l'Iran respecte bien ses engagements.

"Aucune décision finale n'a été prise" pour le moment pour "certifier" ou "dé-certifier" la conformité de l'accord nucléaire, a pour sa part indiqué jeudi le secrétaire d'État américain Rex Tillerson.

"Nous devons prendre en compte la totalité des menaces iraniennes"

"Le président Trump a été clair avec ceux qui le conseillent sur cette politique : nous devons prendre en compte la totalité des menaces iraniennes, et pas seulement les capacités nucléaires de l'Iran", a-t-il ajouté, en référence au développement de missiles balistiques iraniens.

En réaction, le ministre des Affaires étrangères iranien, Javad Zarif, a indiqué que l'accord iranien n'était pas renégociable. "Un meilleur" accord est fantaisiste, a-t-il estimé sur son compte Twitter. Téhéran a prévenu à plusieurs reprises qu'il pourrait reprendre rapidement sa production d'uranium hautement enrichi, si jamais les Américains dénonçaient le texte de leur côté.

En parallèle, plusieurs pays tentent d'organiser la semaine prochaine, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, une réunion des sept signataires de l'accord de 2015. Elle pourrait réunir les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne d'un côté, et l'Iran de l'autre.

En attendant la décision de Donald Trump, le Trésor américain a annoncé jeudi le gel de tous les biens et intérêts de 11 entités et personnes en lien avec les Gardiens de la révolution en Iran ou engagés dans des cyber-attaques contre le système financier américain.

Avec AFP

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