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Irak: le Kurdistan souffle le chaud et le froid sur le référendum

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Erbil (Irak) (AFP)

Le président kurde irakien Massoud Barzani a convoqué le Parlement de la région autonome pour endosser vendredi le référendum d'indépendance, tout en laissant la porte ouverte à des négociations sur un report de cette consultation prévue le 25 septembre.

A 19H00 (16H00 GMT), l'assemblée du Kurdistan irakien, basée à Erbil, va "donner un cadre légal" au référendum, dont l'annonce en juin a suscité des remous dans la région.

Ce scrutin inquiète les pays voisins, comme la Turquie ou l'Iran, qui redoutent que le référendum encourage les velléités séparatistes de leurs minorités kurdes.

Il préoccupe également Washington qui voit dans cette consultation une entrave à la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), menée conjointement par Kurdes et Arabes en Syrie par exemple.

Pour tenter d'obtenir un report, les Etats-Unis et d'autres pays ont présenté à M. Barzani jeudi soir un "projet" proposant des "alternatives" au référendum, selon l'émissaire américain auprès de la coalition anti-jihadistes en Irak, Brett McGurk.

Le président kurde, qui a de nouveau insisté sur l'indépendance comme "unique" choix laissé aux Kurdes et sur l'absence de "partenaire" à Bagdad lors d'un immense meeting dans le nord du pays jeudi, s'est engagé à répondre "rapidement".

Avant cela, son Parti démocratique du Kurdistan (PDK) était parvenu au terme de longues négociations à se mettre d'accord avec les deux autres grandes formations kurdes, l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) de Jalal Talabani et Goran, pour rouvrir une session parlementaire.

Depuis plus de deux ans, en effet, le Parlement kurde est à l'arrêt, tandis que le mandat de M. Barzani a expiré en 2015.

Ce dernier s'est cependant maintenu au pouvoir, plaidant que l'Irak et le Kurdistan étaient en pleine campagne pour repousser les jihadistes et que les conditions ne permettaient pas de tenir des élections.

Cette réunion de l'Assemblée du Kurdistan irakien se tient après que le Parlement fédéral a voté à deux reprises cette semaine des mesures contre le référendum d'indépendance. A chaque fois, les députés kurdes ont quitté la salle en signe de protestation.

- Clivages communautaires -

Mardi, le Parlement fédéral a voté contre la tenue de cette consultation pour "protéger l'unité de l'Irak", et jeudi, il a limogé le gouverneur de la province disputée de Kirkouk parce qu'il avait décidé, contre l'avis de Bagdad dont il dépend, d'organiser le référendum dans sa région.

Le Kurdistan bénéficie depuis 1991 d'une autonomie qui s'est élargie au fil des ans.

En annonçant en juin avoir fixé la date du référendum, M. Barzani a envoyé le signal clair, estiment les experts, que l'Irak entrait dans une nouvelle phase. Après plus de trois années de combat pour chasser les jihadistes qui ont un temps tenu près d'un tiers de l'Irak, le pays revient aux problématiques confessionnelles et ethniques d'avant l'EI.

Les craintes vont notamment grandissantes sur de possibles violences impliquant notamment les peshmergas (combattants kurdes) et la myriade d'unités paramilitaires disséminées à travers le pays qui pourraient se disputer les zones reprises aux jihadistes.

L'influent commandant chiite Hadi al-Ameri, chef de l'organisation Badr, puissant groupe paramilitaire irakien soutenu par Téhéran, a multiplié ces derniers temps les mises en garde contre "la guerre civile".

Jeudi, la Turquie a averti que la tenue du référendum "aura un prix", une opposition susceptible de compromettre la viabilité d'un éventuel Etat kurde car le Kurdistan irakien tire l'essentiel de ses recettes de l'exportation de pétrole via un pipeline arrivant au port turc de Ceyhan.

Quant aux 5,5 millions de Kurdes irakiens appelés à se prononcer sur l'indépendance, ils sont eux-mêmes divisés sur l'opportunité de tenir maintenant une telle consultation.

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