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Bercy veut profiter de la croissance pour accélérer la réduction du déficit

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Paris (AFP)

Une bulle d'air qui tombe à pic pour le budget 2018 : le gouvernement a revu à la hausse ses objectifs de réduction de déficit, à la faveur du regain de croissance et malgré des économies moins importantes qu'attendu l'an prochain.

?En 2017, nous visons 2,9% de déficit public. En 2018, nous visons 2,6%", a annoncé mardi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur France 2.

Les précédentes prévisions, publiées en juillet lors du débat d'orientation budgétaire, faisaient état d'un déficit de 3% du produit intérieur brut (PIB) cette année et de 2,7% l'an prochain.

A l'origine de cette révision : une croissance "légèrement meilleure" cette année, synonyme de rentrées fiscales plus importantes que prévu, notamment en matière de TVA.

Le gouvernement, qui présentera le 27 septembre son projet de budget pour 2018, a ainsi relevé de 1,6% à 1,7% sa prévision de croissance concernant 2017.

Cette révision est "assez cohérente", observe Philippe Waechter, économiste chez Natixis AM, interrogé par l'AFP. "Le cycle européen est plutôt robuste, on voit des effets de rattrapage sur l'emploi, sur l'investissement des entreprises. Tout ça nourrit la croissance en France et en zone euro", développe-t-il.

Pour l'heure, le gouvernement reste prudent : dans un communiqué commun, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics, ont indiqué vouloir maintenir à 1,7% la prévision de croissance pour 2018.

Une hypothèse qui fait le choix "de la sincérité et de la responsabilité plutôt que celui de la facilité de prévisions optimistes qui ont trop souvent conduit à reporter les réformes nécessaires", ont affirmé les ministres.

Le gouvernement, qui avait annoncé début juillet vouloir lutter contre l'"addiction française à la dépense publique", a toutefois revu à la baisse son objectif d'économies pour l'an prochain, dans un contexte de mécontentement sur les coupes budgétaires.

- "Réalité du terrain" -

Ces dernières seront "de l'ordre de 16 milliards d'euros", au lieu des 20 milliards annoncés par le Premier ministre Edouard Philippe, a confirmé Bruno Le Maire.

L'opposition n'a pas tardé à réagir. "Dès que l'objectif est difficile, le gouvernement recule avant même d'avoir mené la bataille", a dénoncé lundi dans un communiqué Eric Woerth, président (LR) de la commission des Finances de l'Assemblée nationale.

"Selon les différentes annonces des ministres, la plupart des budgets des ministères vont augmenter en 2018. (...) Hormis les sempiternelles réductions que s'applique Bercy à lui-même, nous sommes donc en droit de nous demander quels sont les budgets en baisse", a-t-il ajouté.

"Le président Macron découvre la réalité du terrain", ironise de son côté le Parti socialiste . "La dépense publique sert la croissance et l'emploi", souligne-t-il dans un communiqué, estimant que "la réduire de manière trop importante serait préjudiciable à la bonne santé conjoncturelle du pays".

Xavier Ragot, président de l'Observatoire français des conjonctures économiques, voit dans cette révision "un signe d'intelligence économique".

"Je prends ça comme une bonne nouvelle". "Je ne serai pas de ceux qui disent que c'est un manque de courage, c'est plutôt un signe d'intelligence économique", déclare-t-il à l'AFP.

Selon Bercy, l'objectif reste néanmoins de ramener le taux de dépenses publiques, attendu à près de 54,6% du PIB cette année, à "un peu plus de 50%" dans cinq ans.

"Nous sommes le pays développé qui a le montant de dépenses publiques le plus important par rapport à sa richesse nationale", a déclaré M. Le Maire, jugeant nécessaire de "sortir de ce niveau de dépense excessif qui n'a pas amélioré la situation des Français".

"Ca donne à notre parole politique, en Europe, un poids qu'elle n'avait pas jusqu'à présent", a-t-il par ailleurs insisté.

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