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Les Kurdes d'Irak se prononcent sur leur indépendance, Bagdad et les pays voisins menacent

Les Kurdes d'Irak ont voté pour le référendum d'autodétermination de leur région, lundi 25 septembre.
Les Kurdes d'Irak ont voté pour le référendum d'autodétermination de leur région, lundi 25 septembre. Safin Hamed, AFP

Les Kurdes d'Irak ont voté lundi sur leur indépendance à l'occasion d'un référendum qui risque d'accroître les tensions avec Bagdad. Le Parlement irakien a exigé l'envoi des troupes dans certaines zones disputées de la région.

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Les autorités autonomes du Kurdistan irakien avaient prévenu que ce scrutin aurait lieu coûte que coûte. Malgré l'opposition de la communauté internationale et de Bagdad, les Kurdes d'Irak ont commencé à voter lundi 25 septembre pour leur indépendance lors d'un référendum historique qui doit ouvrir la voie à un État pour lequel ils luttent depuis près d'un siècle.

Si le résultat du scrutin, attendu 24 heures après la fermeture des bureaux, ne fait aucun doute - la majorité des Kurdes étant acquis au "oui" -, le président de la région autonome du Kurdistan, Massoud Barzani, a prévenu qu'il n'entraînerait pas aussitôt une annonce de l'indépendance mais plutôt le début de "discussions sérieuses avec Bagdad".

>> Sur France 24 : "Les Kurdes, un peuple sans État en quête de reconnaissance"

Le vote s’est tenu dans la région autonome du Kurdistan, dans le nord de l'Irak, qui comprend les provinces d'Erbil, Souleimaniyeh et Dohouk, mais aussi dans des zones que se disputent les Kurdes et le gouvernement central de Bagdad. Au total, quelque 5,3 millions d'inscrits devaient se prononcer.

"La Commission électorale a annoncé une participation de 76%, rapporte Oriane Verdier, envoyée spéciale à Erbil, la captiale du Kurdistan irakien. Mais ce chiffre est à prende avec des pincettes, car beaucoup semble avoir voté sans être inscrits sur les listes électorales."

Bagdad sur les nerfs...

En maintenant le référendum malgré les pressions internationales, Massoud Barzani a provoqué l'ire du gouvernement central à Bagdad ainsi que celle des voisins turc et iranien principalement.

Peu après l'ouverture des bureaux de vote, le Parlement irakien a exigé l'envoi de l'armée dans les zones disputées dont les forces kurdes ont pris le contrôle depuis l'invasion américaine de 2003 et la chute de Saddam Hussein. "Le Parlement exige du commandant en chef de l'armée [le Premier ministre irakien, Haïdar al-Abadi] de déployer des forces dans toutes les zones contrôlées par la région autonome du Kurdistan depuis 2003", selon la résolution votée par le Parlement. Constitutionnellement, le gouvernement est contraint de se conformer à ce vote.

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Les zones disputées sont situées en dehors des trois provinces du nord de l'Irak qui font partie initialement de la région autonome du Kurdistan. Il s'agit de la riche province pétrolière de Kirkouk, et des secteurs de celle de Ninive - dans le nord du pays -, de Dyala et de Salaheddine - au nord de Bagdad.

...Téhéran et Ankara aussi

Plus tôt dans la journée, Haïdar al-Abadi avait clairement fait savoir qu'il prendrait "les mesures nécessaires" pour préserver l'unité du pays. Les autorités centrales ont déjà mis en place ces derniers jours une série de sanctions pour tenter de garder le contrôle de la situation, avec Téhéran et Ankara comme alliées. Les deux puissances voisines redoutent, elles aussi, les répercussions qu'aurait une sécession du Kurdistan irakien sur leurs propres régions kurdes et ont menacé de représailles.

Dimanche, Téhéran a annoncé qu'il interdisait jusqu'à nouvel ordre tous les vols entre l'Iran et les aéroports d'Erbil et de Souleiymanieh, au Kurdistan irakien, ainsi que tous les vols au départ de cette région transitant par l'espace aérien iranien.

>> À voir sur France 24 : "24 heures à Erbil - Les rêves d'indépendance de la capitale du Kurdistan irakien"

"L'Iran est attaché à l'intégrité territoriale, la souveraineté nationale et l'évolution démocratique de l'Irak et toute action contraire à ces principes (...) pourrait nuire à tous, en particulier aux Kurdes", a déclaréBahram Ghassemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. Ce dernier avait également fait savoir que les frontières terrestres avec le Kurdistan avaient été fermées. Une information que Téhéran a ensuite démentie.

"Le référendum qui se tient aujourd'hui (...) est nul et non avenu. Nous ne reconnaissons pas cette initiative", a déclaré pour sa part dans un communiqué lundi le ministère turc des Affaires étrangères. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a ensuite annoncé que des "mesures" allaient être prises "cette semaine" contre la région autonome. L'exportation du pétrole du Kurdistan irakien cessera une fois que la Turquie aura "fermé les vannes", a-t-il prévenu.

Foule nombreuse et couvre-feu

Les 12 072 bureaux ont fermé à 19h00 (heures locales) après le prolongement d'une heure de la consultation face à l'afflux des votants, selon les autorités kurdes.

Référendum au Kurdistan : "On n'est pas dans les conditions idéales d'un vote rigoureux"

Dès l'ouverture des bureaux de vote à Erbil et Souleimaniyeh, des foules nombreuses s'étaient massées à l'entrée. Massoud Barzani, souriant et en habit traditionnel, a voté tôt le matin.

>> Vidéo : à Kirkouk, le référendum d'indépendance kurde ne fait pas l'unanimité

À Kirkouk, l'affluence était nombreuse dans les quartiers kurdes, où les électeurs votaient en arborant des drapeaux, au son de la musique et des tirs de joie. Mais dans cette ville disputée, Arabes et Turkmènes ont boudé l'isoloir.

Signe des fortes tensions, un couvre-feu a été décrété dans le centre de Kirkouk ainsi que dans les secteurs arabe et turkmène de cette ville "jusqu'à nouvel ordre, pour contrôler la situation sécuritaire", selon la police. En soirée, des forces de police ont pris position dans les rues de certains quartiers en demandant aux gens de rentrer chez eux, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Averc AFP

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