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Près de 80 % de participation au référendum sur l’indépendance du Kurdistan irakien

Des Kurdes d'Irak célèbrent à Erbil les prémices de l'indépendance à l'issue du vote au référendum d'autodétermination de leur région, lundi 25 septembre.
Des Kurdes d'Irak célèbrent à Erbil les prémices de l'indépendance à l'issue du vote au référendum d'autodétermination de leur région, lundi 25 septembre. Safin Hamed, AFP

Près de 80% des Kurdes d'Irak ont voté lundi lors du référendum sur l’indépendance de leur région, un scrutin qui fait monter la tension avec Bagdad qui refuse de se voir amputée de sa région du nord. Résultats attendus mardi.

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À Erbil, certains n’ont pas attendu les résultats du référendum pour célébrer la victoire du "oui". À peine les bureaux de vote fermés, lundi 25 septembre au soir, dans la capitale de la région autonome du Kurdistan, des Kurdes d'Irak ont célébré les prémices de leur indépendance. Une très large majorité de Kurdes ont mis un bulletin dans l’urne - 78 % selon le site d’information kurde Rudaw - lors du référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien organisé le 25 septembre.

>> Sur France 24 : "Les Kurdes, un peuple sans État en quête de reconnaissance"

Attendus mardi soir, les résultats font peu de doute, la majorité des Kurdes étant acquis au "oui". Cela fait plus d’un siècle qu’ils revendiquent leur indépendance et le rêve semble à portée de main. Pour autant, il ne deviendra pas réalité dans un futur proche. Le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a prévenu que ce vote ne serait pas aussitôt suivi d'une déclaration d'indépendance mais marquerait le début de "discussions sérieuses" avec Bagdad pour régler les contentieux.

>> Kurdistan irakien : les Kurdes en position de force ?

Risque d’escalade avec Bagdad

Mais ces "discussions" seront tendues et le risque d'escalade est grand face au refus du pouvoir central de voir l'Irak amputé de sa région du nord. Le référendum a été sévèrement dénoncé par le Premier ministre irakien comme une "décision unilatérale affectant l'unité de l'Irak et sa sécurité ainsi que la sécurité de la région".

"Les tensions entre Bagdad et Erbil ont atteint un point de non-retour. Lundi, en l’espace de quatre heures, le Premier ministre Al Abadi a publié 19 déclarations réitérant son opposition au référendum au Kurdistan", rappelle  Anne-Sophie Le Mauff, correspondante de France 24 en Irak.

Quelques heures à peine après le début du vote lundi, le Parlement irakien à Bagdad, en présence des députés arabes et en l'absence de leurs camarades kurdes, a voté une résolution "exigeant du commandant en chef de l'armée (le Premier ministre Haider al-Abadi) de déployer des forces dans toutes les zones" disputées par Bagdad et la région du Kurdistan.

"Il y a un certain contraste entre Erbil où l'on voit des gens soit festifs soit très calmes, et ce qu'il se passe dans les villes plus proches de la frontière décidée par les Kurdes", témoigne Oriane Verdier, envoyée spéciale de France 24 à Erbil. Selon ses informations, "à Kirkouk, des groupes armés de différentes communautés étaient présents dans tous les quartiers à la tombée de la nuit. Il suffirait d'une petite étincelle pour que des combats de villes partent", poursuit-elle.

Ces régions sont la riche province pétrolière de Kirkouk et des secteurs de celle de Ninive, de Dyala et de Salaheddine. La plupart avaient été conquises par les peshmerga, les combattants kurdes, en 2014, à la faveur du chaos qui a régné dans le pays après l'offensive des jihadistes du groupe État Islamique (EI). Lundi, le déploiement des armées n’avait pas encore été constaté sur le terrain.

>> Sur France 24 : "24 heures à Erbil - Les rêves d'indépendance de la capitale du Kurdistan irakien"

Un scrutin décrié sur la scène internationale

À l'étranger, ce scrutin a été largement critiqué lundi. À New York, le chef de l'ONU Antonio Guterres s'est répété lundi "préoccupé" par le risque de déstabilisation". Washington  s’est dit "déçu" par l’organisation de ce "référendum unilatéral". " Les États-Unis soutiennent un Irak uni, fédéral, démocratique et prospère", a indiqué lundi soir un communiqué du département d'État, redoutant que ce référendum "augmente l'instabilité et les difficultés" de la région.

Les pays de la région justement - Turquie, la Syrie et l'Iran, trois pays comptant des minorités kurdes – rejettent vigoureusement   le scrutin. Pour Ankara, Damas ou Téhéran, le risque est clair : que ce scrutin fasse tâche d'huile et que la carte de la région, dessinée après la Première guerre mondiale sur les dépouilles de l'Empire ottoman, ne soit redessinée. C'est cette même carte, issue du traité de Lausanne de 1923, que les Kurdes n'ont jamais acceptée, voyant alors leur État rêvé morcelé en quatre.

Face au défi lancé par les Kurdes d'Irak, l'Iran a aussitôt fermé sa frontière aérienne avec leur région, par laquelle était acheminé le fioul kurde vers les marchés du Golfe. La Turquie a également annoncé la prochaine fermeture de sa frontière terrestre avec le Kurdistan. Ankara a aussi menacé de stopper les exportations pétrolières du Kurdistan, ce qui asphyxierait presque totalement l'économie de cette région.

Avec AFP et Reuters

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