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Bercy présente le premier budget du quinquennat Macron

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et Président de la commission des finances de l'Assemblée nationale Éric Woerth, le 27 septembre 2017.
Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et Président de la commission des finances de l'Assemblée nationale Éric Woerth, le 27 septembre 2017. Philippe Lopez, AFP

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a détaillé mercredi les mesures d'économies contenues dans le premier projet de loi de finances du quinquennat Macron. La baisse des impôts sera de 7 milliards, contre 10 milliards annoncés précédemment.

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Le gouvernement français a détaillé mercredi 27 septembre les mesures d'économies contenues dans son projet de loi de finances (PLF) pour 2018.

Il s'agit du premier budget du quinquennat Macron, censé planter le décor pour l'ensemble des cinq ans. Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a défendu un "budget de transformation et de pouvoir d'achat", avec "une forte hausse du pouvoir d'achat des salariés".

"La France qui ne tient pas ses objectifs budgétaires, qui accumule les déficits, est une France dont la parole politique a perdu toute crédibilité", a déclaré le ministre de l'Économie Bruno Le Maire lors d'une conférence de presse, insistant sur la nécessité de respecter les engagements européens de Paris, en restant sous la barre des 3 % de déficit. Dans sa trajectoire macroéconomique, le ministère des Finances a ainsi prévu 2,6 % de déficit public par rapport au produit intérieur brut (PIB) l'an prochain, après 2,9 % en 2017. Un engagement difficile à conjuguer avec les baisses d'impôts massives promises depuis des mois par le gouvernement.

Baisse des impôts de 7 milliards

Surprise de ce PLF : la réduction des prélèvements obligatoires ne sera que de 7 milliards d'euros en 2018, alors que le gouvernement promettait ces dernières semaines une baisse de 10 milliards. Cette différence tient au fait que la baisse des cotisations chômage et maladie (qui permet une hausse du pouvoir d'achat des salariés), initialement prévue en janvier, se fera pour partie en octobre 2018, alors que la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG, qui pénalise les actifs et les retraités) sera intégralement appliquée dès le 1er janvier.

"En moyenne, nous serons à sept milliards d'euros" de baisse l'an prochain, a reconnu Bruno Le Maire, niant tout renoncement. En année pleine, il y aura "bien 10 milliards d'euros d'impôts en moins pour les ménages et pour les entreprises", grâce aux mesures prévues dans le projet de budget 2018, a-t-il détaillé.

>> À lire : Merkel salue le discours de Macron sur l'Union européenne

Augmentation de budget pour les ministères prioritaires

Le PLF prévoit en outre des augmentations significatives de crédits pour quelques ministères prioritaires : le budget des Armées augmentera ainsi comme prévu de 1,8 milliard d'euros pour atteindre 34,2 milliards d'euros, tandis que la Justice gagnera 300 millions d'euros de plus à 7 milliards.

La Transition écologique verra son budget passer de 9,9 milliards d'euros à 10,4 milliards. L'Enseignement scolaire, budget le plus important de la nation, bénéficiera lui de 1,3 milliard d'euros supplémentaires à 51,3 milliards, hors cotisations aux retraites.

15 milliards d'économies

Pour tenir son équation, le gouvernement a décidé de sabrer dans les enveloppes du logement et de l'emploi : les aides au logement seront ainsi réduites de 1,7 milliard d'euros, tandis que les contrats aidés se verront amputés de 1,5 milliard d'euros par rapport à la loi de finances initiale de 2017. Côté transports, une pause sera aussi imposée dans les grands projets d'infrastructure.

Au total, environ 15 milliards d'euros d'économies seront réalisées, dont la moitié sur le périmètre de l'État. La Sécurité sociale sera mise à contribution à hauteur de 5 milliards d'euros, quand 3 milliards d'économies seront réclamé aux collectivités locales et au Grand Paris.

Ce tour de vis, bien que moins sévère que les 20 milliards initialement programmés, est "inédit", a souligné le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin. "On inverse la courbe de la DP [dépense publique], c'est toujours extrêmement difficile, mais nous sommes heureux d'avoir pu enfin mettre le pays sur les bons rails", a-t-il ajouté.

Dans un avis remis au gouvernement, le Haut conseil des finances publiques (HCFP), chargé d'évaluer la crédibilité des prévisions budgétaires, a mis en garde contre des "risques significatifs" pesant sur les objectifs d'économies, appelant le gouvernement à respecter ses engagements en la matière, même en cas d'accélération de la croissance.

"Créer des richesses avant de les redistribuer"

Côté prélèvements obligatoires, les baisses concerneront - outre les cotisations salariales - l'impôt sur les sociétés, la taxe d'habitation, ou encore l'impôt sur la fortune, qui sera transformé en impôt sur la fortune immobilière. Parmi les hausses de prélèvements, il faut citer la CSG, les carburants et le tabac.

Ce PLF "bénéficiera à tous les Français sans exception" et protègera les contribuables "les plus modestes", a assuré Bruno Le Maire, rejetant les critiques formulées ces dernières semaines par une partie de la gauche.

Il a toutefois défendu le choix de mettre en place une fiscalité permettant aux entreprises "d'investir pour innover, et d'innover pour créer des emplois". "Nous voulons créer des richesses avant de les redistribuer", a-t-il insisté.

Avec AFP

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