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Référendum en Catalogne : les anti, une "majorité silencieuse"

Manifestation en soutien à l'unité de l'Espagne à Barcelone, le 19 mars 2017.
Manifestation en soutien à l'unité de l'Espagne à Barcelone, le 19 mars 2017. Pau Barrena /AFP

À quatre jours du référendum en Catalogne, les adversaires de l’indépendance préfèrent garder le silence ou rester discrets, contrairement aux "pro" qui affichent haut et fort leur idéal. Les "anti" ne sont pourtant pas moins nombreux.

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Un drapeau catalan flotte au balcon de Luis Filgueras, mais il affiche un "non" : une exception dans une région où la plupart des opposants à l'indépendance de la Catalogne préfèrent garder le silence. "Beaucoup pensent comme moi, mais n'osent pas le dire", dit cet ouvrier retraité de 52 ans, habitant à La Canonja en banlieue de Tarragone, dans le sud de la Catalogne. " Ils disent qu'avec l'indépendance tout sera joli, un chemin de roses. Mais cela sera bien plus compliqué, car on aura plus de dépenses. Et on verra bien ce qui se passe pour l'économie, les entreprises ou encore les retraites", ajoute-t-il.

Lors des élections régionales de 2015 remportées par les indépendantistes avec 47,8 % des voix, les partis sécessionnistes n'ont récolté que 23 % des suffrages dans cette localité de près de 12 000 habitants. En revanche, les formations clairement anti-indépendantistes ont reçu le soutien de 64 % de la population. Cette majorité ne se reflète pourtant pas dans les rues de La Canonja, parsemées de drapeaux indépendantistes et de pancartes appelant à voter oui dimanche.

>> À lire sur France 24 : "À Barcelone, les anti-indépendantistes peinent à faire entendre leur voix"

À la différence des indépendantistes qui organisent régulièrement des manifestations massives, les adversaires de l'indépendance descendent peu dans la rue et les rares à se mobiliser sont souvent des groupuscules d'extrême droite. Les dirigeants politiques hostiles à l'indépendance parlent ainsi d'une "majorité silencieuse". Car les "anti" ne sont pas moins nombreux que les "pro". Selon le sondage de l'Institut gouvernemental catalan publié en juillet, 41,1 % des Catalans souhaitent l'indépendance et 49,4 % sont contre.

"Je préfère éviter les problèmes"

Interrogée début septembre par France 24, Miriam Tey, vice-présidente de la Société civile catalane (Sociedad civil catalana, SCC), une association qui vise à assurer la cohésion entre les Catalans et le reste de l'Espagne, n’est pas surprise par cette retenue. "Aujourd’hui, une seule couleur politique est visible dans la région", estimant que la couverture des médias locaux est partiale.

Pour expliquer la difficulté d’une part des Catalans à se déclarer contre l’indépendance, elle évoque également les tensions générées au sein de la société catalane par le référendum. “Aujourd’hui, toutes les familles se disputent et se déchirent”, constate Miriam Tey. "Tous les Catalans sont confrontés à un proche qui n’est pas en accord avec leurs idées".

À la Canonja, les "anti" préfèrent souvent se taire pour "éviter les problèmes", et les rares qui témoignent le font sous couvert d’anonymat. "Regarde ce qui s'est passé avec Serrat", témoigne l'un d'entre eux en évoquant le très populaire chanteur catalan Joan Manuel Serrat, victime de virulentes attaques après avoir critiqué la manière dont est organisé le référendum de dimanche.

Des "anti" sans bureaux de vote

Le maire socialiste Roc Muñoz, à la tête de cette localité depuis vingt ans, estime que les gens "en ont assez" de ce conflit qui se prolonge depuis 2012. "Les gens d'ici n'y sont pas favorables. Nous avons une situation économique enviable et les citoyens n'ont pas besoin d'aventures, ni d'une Catalogne grandiose et indépendante", a-t-il expliqué. Comme beaucoup de maires socialistes, qui rejettent le référendum, Roc Muñoz refuse de céder des locaux de la municipalité pour y installer un bureau de vote.

Avec AFP

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