Accéder au contenu principal
DIPLOMATIE

Guerre des visas entre les États-Unis et la Turquie

Rencontre entre Recep Tayip Erdogan et Donald Trump aux Nations unies, à New York, le 21 septembre 2017.
Rencontre entre Recep Tayip Erdogan et Donald Trump aux Nations unies, à New York, le 21 septembre 2017. Brendan Smialowski, AFP
4 mn

Les États-Unis et la Turquie ont réduit dimanche leurs services de délivrance de visas respectifs. Cette guerre des visas est un nouveau point de discorde dans les relations de plus en plus troublées entre Washington et Ankara.

Publicité

Le torchon brûle entre les États-Unis et la Turquie. L'ambassade américaine à Ankara a annoncé dimanche 8 octobre la suspension du service de délivrance de visas, à la suite de l'arrestation mercredi d'un employé turc à la mission américaine d'Istanbul. Le gouvernement américain a dit avoir été forcé à réévaluer "l'engagement" de la Turquie à l'égard de la sécurité des services et du personnel des missions diplomatiques, et ce à la lumière des "événements récents".

Concrètement, les États-Unis ont "suspendu tous les services de visas pour les non-immigrants dans tous les bureaux diplomatiques américains en Turquie". Ces visas sont délivrés à ceux qui se rendent aux États-Unis pour le tourisme, des traitements médicaux, les affaires, un travail temporaire ou des études.

Copiés-collés

Dès jeudi, l'ambassade des États-Unis s'était déclarée "profondément préoccupée" par l'arrestation de son employé. L'homme a été placé en détention provisoire par un tribunal d'Istanbul mercredi soir. Il a été accusé de liens avec le mouvement du prêcheur Fethullah Gülen, réfugié aux États-Unis et accusé par Ankara d’avoir fomenté à distance le coup d’État avorté, le 15 juillet 2016, contre le président Recep Tayyip Erdogan. Le porte-parole d'Erdogan, Ibrahim Kalin, a justifié cette arrestation par des relevés d'appels suggérant l'existence d'"un intense trafic téléphonique" entre l'employé arrêté et des putschistes présumés.

La Turquie a répliqué sans attendre dimanche soir, suspendant "tous les services de visas" pour les Américains aux États-Unis. Dans une tentative apparente de se moquer de l'annonce américaine, l'ambassade turque à Washington a publié deux déclarations qui étaient presque des copiés-collés de celle de l'ambassade américaine à Ankara. Les restrictions turques vont néanmoins plus loin que celles décidées par les États-Unis, car elles s'appliquent "aux visas figurant dans les passeports, aux visas électroniques et aux visas obtenus à la frontière".

L'extradition du Gülen, pomme de discorde

Cette guerre des visas est un nouveau point de discorde dans les relations entre Washington et Ankara, de plus en plus troublées depuis 2016. Dans les jours qui ont suivi le putsch avorté, des responsables turcs avaient ouvertement accusé les États-Unis d'être liés au coup de force, contraignant l'ambassadeur américain John Bass à démentir ces allégations lors d'un entretien à la télévision turque. Depuis, le refus des États-Unis d'accéder à la demande de la Turquie de lui remettre Fethullah Gülen est une source de tension permanente entre les deux pays.

La Turquie multiplie ainsi les arrestations. Un pasteur américain Andrew Brunson, qui dirigeait une église dans la ville occidentale d'Izmir, a notamment été arrêté en octobre 2016, accusé d'appartenir au réseau Gülen. Erdogan a suggéré en septembre que la Turquie pourrait le libérer en échange de Gülen, mais Washington a montré peu d'intérêt pour cette proposition.

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.