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Centrafrique : les ONG face à une nouvelle crise majeure

Des miliciens anti-balaka à Gambo, ville du sud-est de la Centrafrique, en août 2017.
Des miliciens anti-balaka à Gambo, ville du sud-est de la Centrafrique, en août 2017. Alexis Huguet, AFP

La Centrafrique s'enfonce dans le chaos, ont alerté, jeudi, plusieurs ONG internationales qui, sur le terrain, sont de plus en plus fréquemment la cible des groupes armés qui contrôlent désormais 80 % du pays.

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"Nous voulons alerter sur une situation dramatique qui se dégrade de mois en mois", prévient Jean-François Corty, directeur des opérations de Médecins du Monde (MDM). Son ONG, ainsi qu'Action contre la Faim (ACF), Acted, Solidarités International et Première Urgence Internationale ont dénoncé, jeudi 19 octobre, lors d'une conférence de presse, le "chaos global" qui règne en Centrafrique. Depuis le début de l’année, le pays est frappé par une nouvelle crise majeure, affirme Jean-François Corty.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, est attendu dans le pays du 24 au 27 octobre dans le cadre du renouvellement du mandat de la Minusca – mission de maintien de la paix en Centrafrique – en novembre. Les ONG demandent que ce mandat soit "clarifié" alors que cette mission est "de plus en plus vue par la population comme partie prenante dans le conflit". "La protection des civils doit être au cœur de ce mandat avec des moyens adaptés", souligne Hélène Quéau de Première Urgence Internationale.

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La Centrafrique est le pays le plus pauvre au monde selon l’Indice du développement humain (IDH), un habitant sur deux dépend de l’aide humanitaire. Hélène Camus, directrice pays d’Acted, décrit une "population exsangue" à laquelle il est de plus en plus compliqué d’apporter de l’aide face à une "recrudescence des attaques visant des humanitaires".

Les ONG prises pour cible

Pour la troisième année consécutive, la Centrafrique est le pays enregistrant le plus d’incidents visant les ONG. "Depuis le début de l'année, nous avons recensé plus de 280 incidents qui ont directement touché les ONG. Sur le dernier semestre, on avait une moyenne de 43 incidents par mois", précise Marilyn Cittadini, cheffe de mission pour Solidarités International.

"Dans les derniers mois, nous avons fait évacuer nos équipes de trois villes, cela correspond à 100 000 personnes qui perdent accès à tous les services de base. Et sept villes ont été évacuées partiellement depuis mai", se désole Hélène Quéau. "Nous, les ONG, sommes le premier employeur du pays et donc une cible de choix pour les groupes armés qui ont besoin de se financer", poursuit-elle.

"Cette réduction de l’espace humanitaire pourrait transformer la crise centrafricaine en une catastrophe humanitaire sans précédent", prévient Isabelle Robin, directrice régionale d'Action contre la faim.

Le pays contrôlé à 80 % par les groupes armés

La Centrafrique est aujourd’hui contrôlée à 80 % par des groupes armés, officiellement une quinzaine, issus majoritairement de l’ex-rébellion Séléka et des milices anti-balaka. "De nouvelles crises, des nouveaux affrontements éclatent chaque jour", constatent les ONG. Dans ce contexte, face à une multiplication des braquages et des attaques, 35 % de l’aide humanitaire stockée à Bangui ne peut être acheminée vers les populations dans le besoin, principalement dans le sud-est.

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Environ 1,1 million de centrafricains ont quitté leurs foyers en raison des violences : 600 000 sont déplacés à l'intérieur du pays et 513 000 ont trouvé refuge dans des pays voisins, notamment le Cameroun et la RDC.

"La communauté internationale n’est pas à la hauteur des enjeux", estime Jean-François Corty. L’aide humanitaire promise cette année au pays n’a été financée jusqu’à présent qu’à hauteur de 30 %. Un pourcentage en baisse chaque année.

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