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Alger accuse le Maroc de "blanchir l'argent du haschich" en Afrique, Rabat fulmine

Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, lors d'une conférence de presse à Tripoli, le 21 avril 2017.
Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, lors d'une conférence de presse à Tripoli, le 21 avril 2017. MAHMUD TURKIA / AFP

Alger a provoqué l'ire de Rabat en accusant le Maroc de "blanchir l'argent du haschich" en Afrique. Un énième épisode dans les relations tumultueuses entre les deux pays du Maghreb.

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Le torchon brûle une fois de plus entre l'Algérie et le Maroc. Rabat a annoncé, samedi 21 octobre, avoir décidé du rappel pour consultation de son ambassadeur à Alger, en réaction à des déclarations du ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, qui a accusé des entreprises marocaines de "blanchir l'argent du haschich" en Afrique.

Qualifiant dans un communiqué les déclarations d'Abdelkader Messahel de "gravissimes", le ministère marocain des Affaires étrangères a également indiqué avoir convoqué vendredi soir le chargé d'affaires de l'ambassade d'Algérie pour lui faire part du "caractère irresponsable, voire enfantin" des propos visés.

Intervenant la veille à Alger lors de l'université d'été du Forum des chefs d'entreprise, le chef de la diplomatie algérienne a évoqué la montée en puissance des investissements marocains sur le continent au cours des dernières années, et la rivalité entre voisins maghrébins dans ce domaine.

"Les banques marocaines, c'est le blanchiment de l'argent du haschisch, ça tout le monde le sait. C'est des chefs d'États africains qui me le disent", a affirmé Abdelkader Messahel, selon des extraits de l'intervention largement partagés samedi matin sur les réseaux sociaux et Internet.

"Propos affabulatoires"

"Si c'est ça les banques, je ne sais pas, personne ne nous impressionne. La Royal Air Maroc [la compagnie publique marocaine, NDLR] transporte autre chose que des passagers, et cela tout le monde le sait. On n'est pas le Maroc, on est l'Algérie. On a un potentiel, on a de l'avenir. Nous sommes un pays stable", a-t-il renchéri.

Pour Rabat, ces "propos affabulatoires" sont "d'un niveau d'irresponsabilité sans précédent dans l'histoire des relations bilatérales" et "témoignent d'une ignorance aussi profonde qu'inexcusable des normes élémentaires du fonctionnement du système bancaire et de l'aviation civile".

"Ces déclarations sans fondement ne sauraient porter atteinte à la crédibilité ni au succès de la coopération (...) avec les pays africains", a encore souligné Rabat, avant de cibler à son tour Alger. "Ces allégations mensongères ne peuvent justifier les échecs ou cacher les véritables problèmes économiques, politiques et sociaux de ce pays", a ainsi fustigé le ministère marocain des Affaires étrangères.

Les sources de tensions, parfois marquées par des rappels d'ambassadeur pour "consultation", sont relativement fréquentes entre les deux frères ennemis du Maghreb.

Les frontières algéro-marocaines sont fermées depuis 1994, et les deux pays entretiennent des relations difficiles, en particulier autour de la question du Sahara occidental. Cette ancienne colonie espagnole est en grande partie sous contrôle du royaume chérifien, qui la considère comme partie intégrante de son territoire. Mais le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, en réclame l'indépendance.

Avec AFP

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