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À son procès, Abdelkader Merah nie avoir échangé sur la religion avec son frère Mohammed

Abdelkader Merah, dans le box des accusés, le 13 octobre 2017, à la cour d'Assises de Paris.
Abdelkader Merah, dans le box des accusés, le 13 octobre 2017, à la cour d'Assises de Paris. Benoit Peyrucq, AFP

Suite du procès d'Abdelkader Merah pour complicité dans les sept assassinats commis par son frère Mohammed en 2012, où la cour entend que l'accusé stockait des fichiers audio d’Al-Qaïda par simple curiosité intellectuelle et linguistique.

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La Cour d’assises de Paris, où se déroule depuis quinze jours le procès d’Abdelkader Merah pour complicité dans les sept assassinats commis à Toulouse et à Montauban en 2012 par son frère Mohammed, s’est penchée mardi 24 octobre sur le profil psychologique du cadet de la fratrie.

Abdelkader Merah est apte à être jugé responsable de ses actes, ont conclu les deux experts qui l’ont examiné. Il est "dans la dialectique, l'échange d'arguments. Il a une intelligence de l'autre, mesure la réactivité de son interlocuteur", a justifié à la barre la psychiatre Anne Casnova.

>> À lire sur France 24 : "Procès Merah : des failles et des absences"

Abdelkader Merah reconnaît avoir accompagné son frère le jour du vol du scooter. Mais il nie avoir eu connaissance de ses projets mortifères. Selon les experts, il est convaincu de faire office de "bouc émissaire" pour servir de coupable à l’opinion publique.

"Je voulais savoir quels étaient les arguments de ceux qui ont pour projet d'instaurer un État islamique"

Le tribunal a également entendu mardi combien le "bouc émissaire" avait poussé la dissimulation de sa radicalisation.

Les enquêteurs ont retrouvé à son domicile 17 fichiers audio de cours donnés en arabe littéraire par un membre d'Al-Qaïda depuis Kaboul. Les noms de ces fichiers étaient maquillés de manière à dissimuler la réalité de leurs contenus : ‘comportement copain’ – conseillant de diversifier ses fournisseurs d’armes – ou ‘comportement grand-mère’ – évoquant l’importance des cellules dans l’organisation jihadiste.

"Je suis musulman et je voulais savoir quels étaient les arguments de ceux qui ont pour projet d'instaurer un État islamique. Quand j'ai su que c'était un combattant qui s'exprimait, je me suis dit que je pouvais avoir accès au cœur d'Al-Qaïda", a-t-il justifié. "C'était aussi pour me perfectionner en arabe littéraire, car c'étaient des textes accessibles".

Parmi les recommandations, les cours suggéraient de ne pas porter de barbe sur ses photos d'identité, de se méfier des téléphones – "c'est l'œil de l'État sur toi" –, d'utiliser le statut "d'étudiant" ou "de touriste" comme "couverture" et surtout, de "ne pas se presser ; d'attendre une ou deux années avant de commencer son travail jihadiste".

"Avec mon frère, je n'avais pas d'échanges religieux"

"Tout de même, écouter ces textes pendant des heures, traduit plus qu'un simple intérêt intellectuel", a souligné le président. "Et avec qui débattiez-vous de tout cela ?".

"Avec des frères de religion ; une ou deux personnes, mais je ne vais pas vous donner leur nom, ils seraient avec nous dans le box", a répondu Merah, assurant d’un même souffle, "avec mon frère, je n'avais pas d'échanges religieux".

Pour l'avocat d'Abdelkader Merah, Me Eric Dupond-Moretti, ces fichiers constituent plutôt un élément à décharge : "s'il avait préparé ce que nous savons (les attentats de son frère), pourquoi aurait-il gardé tout cela ?"

>> À lire sur France 24 : "Comparution du frère de Mohamed Merah : les enjeux d’un procès"

Abdelkader Merah était interrogé pour la dernière fois avant la fin du procès prévue le 2 novembre.Son coaccusé, Fettah Malki a, lui, reconnu avoir vendu le gilet pare-balles à Mohammed Merah, mais dit lui avoir confié l'arme pour qu'il la nettoie. Il est jugé pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Avec AFP

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