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La Catalogne se réveille sous tutelle dans une Espagne désunie

Une Catalane tenant le drapeau régional, le 27 octobre 2017, à Barcelone.
Une Catalane tenant le drapeau régional, le 27 octobre 2017, à Barcelone. Pau Barrena, AFP

Après la destitution du président catalan, le gouvernement espagnol poursuivait samedi la prise de contrôle de la Catalogne avec la mise à l'écart du chef de la police, au lendemain de la déclaration d'indépendance du parlement régional.

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L’Espagne tout entière plonge dans l’inconnu. La Catalogne s’est réveillée, samedi 28 octobre, sous tutelle de l'État espagnol, au lendemain d'une déclaration d'indépendance historique fêtée par une partie des Catalans mais aussitôt contestée par Madrid et largement rejetée au sein de l'Union européenne.

En attendant les nouvelles élections régionales, convoquées par Madrid pour le 21 décembre, le gouvernement poursuivait samedi la prise de contrôle de la Catalogne. La vice-présidente de l'exécutif espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, doit réunir les secrétaires d'État qui seront chargés d'assumer les fonctions des gouvernants catalans.

Après la destitution du chef de l'exécutif de la Catalogne, Carles Puigdemont, celle du chef de la police catalane, Josep Lluis Trapero, a été annoncée dans la matinée. Ce dernier a demandé à ses agents de rester neutres et de ne pas prendre parti dans la crise qui oppose Barcelone à Madrid. Le chef de la police est devenu au fil des semaines une figure emblématique de la crise catalane : considéré comme un héros national en août pour sa gestion des attentats jihadistes, il est désormais sous le coup d'une enquête pour "sédition", la justice le soupçonnant d'être restés passif lors de manifestations visant la Guardia civile en septembre.

>> À lire : L'article 155, mode d'emploi

"La République catalane comme État indépendant et souverain"

Vendredi soir, quelques heures seulement après la proclamation de "la République catalane comme État indépendant et souverain", le gouvernement espagnol a de fait commencé à mettre en application tout un arsenal de mesures exceptionnelles, préparées depuis des semaines.

À l'issue d'un Conseil des ministres extraordinaire, le dirigeant conservateur Mariano Rajoy a annoncé la destitution du président séparatiste catalan Carles Puigdemont et de son gouvernement. Et le parlement catalan, dominé par les indépendantistes, a été dissous, en attendant son renouvellement, lors d'un scrutin annoncé pour le 21 décembre.

 

Pas de soutien de Washington, Londres, Berlin, Ottawa ou Paris 

Les conséquences de cette déclaration d'indépendance unilatérale de la Catalogne, comme de la mise sous tutelle par Madrid, sont incalculables.

Signe de l'inquiétude en Europe, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, (conservateur du Parti populaire européen) a souligné que l'UE n'a "pas besoin d'autres fissures".

Washington, Londres, Berlin, Ottawa ou encore Paris ont de même immédiatement fait savoir qu'ils soutenaient l'unité de l'Espagne. Et une des rares voix à soutenir les indépendantistes est venue de l'île française de Corse, dominée par les autonomistes.

Procédure judiciaire pour "rébellion" contre Puigdemont

Cependant, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a appelé Madrid à choisir "la force de l'argument plutôt que l'argument de la force", alors que beaucoup craignent que la Catalogne ne soit entraînée dans une spirale de troubles face à la tentative de reprise en main par l'État.

"Le gouvernement a adopté ces mesures pour éviter la prise en otage inadmissible d'une majorité des Catalans et le vol d'une partie du territoire au reste des Espagnols", a plaidé Rajoy.

L'annonce de la mise sous tutelle de la région a été aussitôt accueillie par les huées des dizaines de milliers d'indépendantistes réunis à travers les villes catalanes pour fêter leur nouvelle et fragile "République", sur un territoire grand comme la Belgique où vivent 16 % des Espagnols.

Exprimant le désarroi d'une partie de ses administrés, la maire de gauche de Barcelone, Ada Colau, a diffusé un message amer, rejetant une déclaration d'indépendance "qui n'a pas le soutien majoritaire des Catalans".

Relevé de ses fonctions par Madrid, le président catalan Carles Puigdemont ne s'est pas exprimé depuis l'annonce officielle de sa destitution. Le parquet général d'Espagne avait déjà annoncé qu'il engagerait la semaine prochaine une procédure judiciaire pour "rébellion" contre l'indépendantiste, qui risque la prison.

Samedi à Madrid, ce sera au tour des partisans du maintien de la Catalogne en Espagne de manifester : deux camps diamétralement opposés, symbole de cette crise sans précédent pour l'Espagne depuis son retour dans le camp de la démocratie, en 1977.

Avec AFP

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