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Un séropositif écope de 24 ans de prison pour avoir contaminé plus de 30 femmes

Valentino Talluto, comptable de profession, a été arrêté en novembre 2015.
Valentino Talluto, comptable de profession, a été arrêté en novembre 2015. Tiziana Fabi, AFP

Un Italien de 33 ans a été condamné, vendredi, à 24 ans de prison pour avoir transmis le VIH à une trentaine de femmes avec lesquelles il a eu des rapports sexuels non protégés alors qu'il se savait séropositif.

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L'accusation avait requis la réclusion criminelle à perpétuité. Valentino Talluto, un italien âgé de 33 ans, a finalement été condamné à 24 ans de prison pour avoir contaminé une trentaine de femmes en moins de 10 ans, a annoncé vendredi 27 octobre la cour d'assises de Rome.

L'accusation "d'épidémie" – une première en Italie pour laquelle le procureur réclamait la perpétuité – a été abandonnée à l'encontre de l'homme, reconnu coupable d'avoir infligé de graves "lésions" à la majorité de ses victimes.

La cour a rendu son verdict après près de douze heures de délibérations. À sa lecture, certaines victimes se sont enlacées en pleurant, ont constaté des journalistes présents dans la salle.

Valentino Talluto n'a rien d'un Don Juan, mais sous le pseudonyme "Hearty Style", ce comptable au physique passe-partout a séduit des dizaines de jeunes femmes sur les réseaux sociaux et sites de rencontres.

Trente femmes, trois compagnons et un bébé contaminés

Les enquêteurs ont retrouvé 53 de ses conquêtes entre le moment où il a découvert sa séropositivité en 2006, et son arrestation en 2015 : si 23 sont restées séronégatives, 30 ont été contaminées, de même que les compagnons de trois d'entre elles et le bébé d'une quatrième.

Tout au long du procès, qui s'est ouvert le 2 mars dans la salle d'audience bunker de la prison de Rebibbia à Rome, elles se sont succédé à la barre pour raconter les longues soirées de ‘chat’ sur les réseaux sociaux, les sorties au restaurant, les bouquets de fleurs, la confiance et l'amour qui s'installent peu à peu, jusqu'à ces rapports sexuels non protégés.

À celles qui lui demandaient de mettre un préservatif, il répondait qu'il était allergique, ou qu'il venait de faire le test du VIH. À celles qui se découvraient séropositives – par hasard, à la suite d'ennuis de santé ou prévenues par ses conquêtes précédentes –, il assurait n'y être pour rien.

Des étudiantes, mères de famille

Beaucoup étaient étudiantes, certaines mères de famille. La plus jeune avait 14 ans au moment du début de leur relation, la plus âgée près de 40. Devant la cour, elles ont aussi décrit les affres du VIH, la stigmatisation, y compris au sein de leur famille, la lourdeur des traitements...

"Il n'a pas cherché à transmettre intentionnellement le moindre virus", a expliqué son avocat Me Maurizio Barca, assurant qu'il utilisait des préservatifs "la plupart du temps" et ne s'en est passé qu'à quelques reprises, "pris dans le feu de l'action".

"C'est de l'imprudence, ce n'était pas intentionnel", a-t-il insisté. De plus, il est selon lui impossible de prouver que c'est l'accusé, et non pas d'autres partenaires, qui a contaminé les jeunes femmes. La souche du virus qu'elles partagent avec lui est en effet la plus répandue en Europe.

Longtemps mutique, Valentino Talluto avait finalement pris la parole fin septembre, la voix brisée et les yeux brillants, après le témoignage d'une victime. "Beaucoup des filles connaissent mes amis et ma famille. On dit que j'ai voulu contaminer le plus de personnes possible. Si cela avait été le cas, je serais allé chercher des rapports occasionnels dans les bars, je ne les aurais pas fait entrer dans ma vie".

Avec AFP

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