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Procès Merah : la perpétuité requise contre Abdelkader, le frère de Mohamed Merah

Abdelkader Merah, dans le box des accusés, le 30 octobre 2017, à la cour d'Assises de Paris.
Abdelkader Merah, dans le box des accusés, le 30 octobre 2017, à la cour d'Assises de Paris. Benoit Peyrucq, AFP

L'avocate générale a requis lundi une condamnation à perpétuité contre le frère du tueur de Toulouse et Montauban, Abdelkader Merah. Elle a cherché à démontrer que l'accusé avait "fabriqué Mohamed Merah".

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Impassible, Abdelkader Merah n’a rien laissé paraître durant les trois heures de réquisitions, lundi 30 octobre. Jugé devant la cour d'assises de Paris pour "complicité" dans les assassinats perpétrés par son frère Mohamed en mars 2012 à Toulouse et Montauban, il n’a pas non plus réagi lorsque l'avocate générale, Naïma Rudloff, a demandé aux magistrats la réclusion criminelle, assortie d'une peine de sûreté de 22 ans et une inscription au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions terroristes (Fijait).

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Fettah Malki, l’autre accusé jugé pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle", semblait lui plus soucieux, ne cessant de se ronger les ongles. À son encontre, l’avocate générale a requis 20 ans de réclusion criminelle assortie d'une peine de sûreté des deux tiers et la même inscription au Fijait.

"Abdelkader Merah a fabriqué Mohamed Merah"

Dans sa chemise blanche, avec sa longue queue de cheval relevée dans un catogan et sa barbe fournie, le frère du tueur a patiemment écouté la juriste détailler point par point les raisons de sa culpabilité. Trois longues heures durant lesquelles son avocat, Me Dupond-Moretti a, lui, multiplié les signes d’indignation et les gestes d’agacement. Lui qui s’est attaché depuis le début du procès à mettre en avant l'absence d'éléments matériels et réels à charge contre celui qu'il défend.

"Abdelkader Merah a fabriqué Mohamed Merah", a lancé Naïma Rudloff au président. "Quand Mohamed Merah a eu des doutes, une seule personne était présente dans son entourage pour y répondre, c’était son frère", a-t-elle poursuivi, véhémente. "Abdelkader Merah a accompagné son frère avant et après chaque passage à l'acte pour ne jamais laisser de place au doute".

Devant sept magistrats concentrés, la représentante du ministère public a décrit l’homme comme étant l’instigateur du projet terroriste. "Chez les deux frères, l'un est le combattant, l'autre est le sachant". Un mentor qui "s’est radicalisé au fur et à mesure de ses séjours en Égypte". Mais qui a commis trois mensonges à en croire la magistrate, pointant les incohérences de ses déclarations sur la chronologie, le motif du déplacement au garage lors du vol du scooter et l'achat du blouson que portera Mohamed Merah au moment des faits.

"Est ce qu’il est le frère d’un martyr ou est-ce qu’il est le complice d’un assassin ?"

Naïma Rudloff a ensuite conclu qu’Abdelkader Merah s’était rendu coupable de deux types de complicités : l’une matérielle et l’autre idéologique, lui inspirant le projet terroriste. Au terme de sa plaidoirie, l’avocate a laissé une dernière question en suspens : "Est ce qu’il est le frère d’un martyr ou est-ce qu’il est le complice d’un assassin de militaires, d'un homme et d’enfants ? Dans notre démocratie, c’est la justice qui apportera cette réponse".

Dans la salle Voltaire, les réquisitions semblent à la hauteur des espérances des parties civiles si l’on en croit les applaudissements, rapidement interrompus par le président Franck Zientara. Une peine lourde qui ne surprend pas côté partie civile. "Les réquisitions n’ont pas été rendues en 2012 mais en 2017 après les nombreux attentats que l’on a connus depuis, souligne un avocat de victimes, à l’issue de l’audience. Dans ce contexte particulier, il est évident qu’Abdelkader Merah a inspiré tous les terroristes qui sont passés à l’acte depuis".

La défense plaidera le 31 octobre à son tour, avant que les magistrats ne rendent leur verdict le 2 novembre.

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