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Quarante personnalités signent une pétition pour réformer le congé paternité

Les signataires réclament l'instauration d'un congé paternité obligatoire, à l'image de celui des femmes.
Les signataires réclament l'instauration d'un congé paternité obligatoire, à l'image de celui des femmes. Didier Pallages, AFP

Quarante personnalités masculines ont signé une pétition pour demander l'allongement du congé paternité à six semaines. Une mesure qui permettrait au gouvernement d’envoyer un signal fort de l’égalité hommes-femmes.

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"Onze jours pour accueillir un enfant, c’est dérisoire". Les hommes s’offusquent de n’avoir que deux petites semaines de congé payés à la naissance de leur enfant. C’est pour obtenir "un congé paternité digne de ce nom" que le magazine Causette a lancé il y a une semaine une pétition sur le site Change.org.

La pétition avait récolté mardi 30 octobre près de 2 900 signatures dont celles d’une quarantaine de personnalités masculines, telles que le chanteur Julien Clerc, le footballer Vikash Dhorasoo, le rappeur Oxmo Puccino, le médecin Patrick Pelloux, l’économiste Thomas Piketty, le metteur en scène Jean-Michel Ribes, le psychologue Serge Hefez ou l’écrivain Fréderic Beigbeder.

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Dans un premier temps, les signataires réclament l'instauration d'un congé paternité obligatoire, à l'image de celui des femmes. Cela leur donnerait une "vraie légitimité" et ôterait une "potentielle culpabilité envers leur employeur", peut-on encore lire sur la pétition.

À terme, ils demandent "un allongement du congé paternité à six semaines" indemnisé comme le congé maternité. Dans la pétition, Causette décrit cette proposition comme "une mesure d'équité", la loi prévoyant pour les femmes un minimum de huit semaines de congé maternité, dont six après la naissance.

"La fin du cycle"

En allongeant le congé paternité, le gouvernement enverrait un signal fort de l’égalité hommes-femmes en incitant les hommes à s’impliquer dès les premières semaines dans l’éducation de leurs enfants. Cela permettrait surtout de soulager les femmes de la fameuse "charge mentale" et de limiter l’impact de la maternité sur la carrière des femmes, affirme la pétition.

"Je crois qu’on est à la fin d’un cycle dans les relations hommes - femmes, notamment révélé par la contestation sur le harcèlement sexuel. L’ère de l’égalité des droits est venu et il n’y a pas de raison que perdure cette habitude de la femme qui s’occupe des enfants et de l’homme qui part à la chasse", explique à France 24 l’urgentiste Patrick Pelloux.

Lui-même père de plusieurs enfants, il regrette de n’avoir pas pu passer plus de temps avec eux dans leur jeune enfance. "J’ai consacré trop de temps à mon travail. Je m’en veux et mes enfants me le reprochent aujourd’hui", confie le médecin, qui ajoute que "si les choses étaient à refaire, [il] ferai[t] différemment".

Inscrire l’égalité des droits dans la loi

La pétition sera remise à Emmanuel Macron, à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et à la secrétaire d'État en charge de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Pour Patrick Pelloux, il est indispensable qu'il y ait une prise de conscience au niveau politique et que l'égalité homme-femme soit inscrite dans le marbre de la loi.

"Il faut une prise de conscience et une responsabilisation des pères à égalité de la mère. Pour cela, il faut l’instaurer dans la loi", poursuit le médecin qui estime néanmoins qu’il va falloir "être patient", parce que "dans la République, les changements prennent du temps".

Un temps qui pourrait permettre aux Français, par exemple, de tourner les yeux vers le nord de l'Europe. Un père norvégien en congé paternité perçoit  son salaire dans son intégralité pendant les quatorze semaines suivant la naissance de l'enfant. Quant à la législation suédoise, elle permet aux parents de partager un congé parental de seize mois au cours desquels chaque parent en congé perçoit près de 80 % de son salaire.

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