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Un·e Français·e tiré·e au sort va pouvoir expérimenter le revenu universel de base

© Mon revenu de base

Texte par Émilie LAYSTARY

Dernière modification : 03/11/2017

Ce 2 novembre, une initiative pour montrer les bienfaits d'un revenu de base a été lancée à Paris. Portée par Julien Bayou, porte-parole national EELV, l’association "Mon revenu de base" est une expérimentation citoyenne.

Tout commence par une question : "Et vous, que feriez-vous avec 1 000 euros par mois pendant un an ?" Avec celle-ci, ce sont l'imaginaire et le champ des possibles qui s'élargissent. Travailler à temps partiel et s'engager dans une association ? Lancer un commerce de proximité dans son village natal ? Quitter son emploi et œuvrer pour le bien commun ?

VOIR AUSSI : Un revenu de base financé par le crowdfunding a été lancé en France

Alors que le revenu de base a plusieurs fois été discuté lors de la campagne présidentielle, notamment dans les propositions portées par le candidat socialiste Benoît Hamon, l’association à but non-lucratif "Mon revenu de base" a voulu faire sortir ce projet politique du cadre uniquement théorique. Pour communiquer sur ses bienfaits et en comprendre les enjeux humains, quoi de mieux que de l'expérimenter, d'abord à petite échelle ?

Jeudi 2 novembre, une initiative citoyenne a donc été lancée pour proposer un financement participatif visant à permettre à une personne tirée au sort de tester le revenu de base. L'occasion peut-être de dépasser les idées arrêtées que l'opinion publique peut avoir dès lors qu'il s'agit de statut social, de travail et d'emploi. "Le succès a dépassé nos espérances", se félicite Julien Bayou auprès de Mashable FR.

Expérimenter pour communiquer sur les enjeux du revenu de base

Sans condition de sexe, d'âge ou de ressources, la personne tirée au sort se verra proposer 1 000 euros par mois pendant 1 an. En échange, l'heureux gagnant devra tenir une sorte de journal de bord dans lequel il commentera l'expérience. Par ailleurs, une chercheuse qui travaille avec l'association "Mon revenu de base", Suzanne Bellue, sera également chargée de rencontrer les personnes tirées au sort et les personnes qui s'inscrivent lors d'entretiens individuels. L'objectif est de recueillir des conclusions sur l'effet d'une telle allocation dans la vie des gens qui en bénéficient. 

Pour chaque tirage au sort, il faudra donc au préalable avoir réuni 12 000 euros. À l'heure où nous écrivons ces lignes, 468 donateurs ont déjà permis de rassembler 13 867,35 €. Le prochain objectif semble donc être le financement d'un deuxième revenu de base : 

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"Toute proportion gardée, c'est la même démarche que les expérimentations des mutuelles ou de la couverture des accidents du travail au siècle dernier : ça semblait impossible, jusqu'à ce que quelques conspirateurs positifs non seulement le rêvent mais l'expérimentent pour convaincre, avant que ça ne devienne la norme", peut-on lire dans le texte de l''équipe de Mon Revenu de Base, présent sur la page d'appels aux dons.

Le succès de l'expérimentation citoyenne est tel que le site monvenudebase.fr est déjà en train de migrer "vers des serveurs plus robustes", commente Julien Bayou auprès de Mashable FR. La date et le lieu du tirage au sort devraient être communiqués d'ici lundi, "mais les choses sont bien parties pour permettre le lancement de plusieurs revenus de base en même temps", se réjouit-il.

Éveiller les consciences en attendant qu'une loi se crée

En attendant, l'initiative a le mérite de créer le débat. Un peu comme en Allemagne. Outre-Rhin, ce même principe de revenu de base par tirage au sort avait été imaginé par un certain Michel Bohmeyer, qui s'est retrouvé avec 1 000 euros par mois après avoir revendu une start-up. "Ça a totalement changé ma vie. Je me suis mis à vivre de manière plus saine, à mieux dormir, je suis devenu un meilleur père. Je suis devenu plus créatif, plus courageux. Je me suis mis à développer des qualités que je ne connaissais pas chez moi. La peur de manquer d’argent avait soudain disparu, je me sentais libre et décontracté", raconte-t-il à Novethic, le "média expert de l'économie responsable".

"Ça a totalement changé ma vie. Je me suis mis à vivre de manière plus saine, à mieux dormir, je suis devenu un meilleur père"

En s'apercevant des bienfaits de cette rémunération régulière et de cette liberté de disposer de son temps, le trentenaire berlinois se renseigne sur le revenu de base. "Grâce à un généreux don d’un homme d’affaires allemand, fervent défenseur du revenu de base, la première somme est réunie en trois semaines. Puis, en moins de trois mois, 50 000 euros sont collectés pour financer les premiers revenus", explique Novethic qui note également qu'en trois ans, "près de 75 000 personnes ont donné 1,5 million d’euros pour expérimenter 119 revenus de base". Julien Bayou cite l'exemple des magasins DM, qui ont édité une carte via laquelle les clients peuvent faire de micro-dons en passant à la caisse, "une participation tout à fait indolore au projet du revenu de base", commente-t-il.

En France, le porte-parole national EELV espère un effet boule de neige, sous la forme d'une expérimentation au niveau national, "un peu comme quand on avait expérimenté le RMI dans les années 80", explique-t-il. Un test de grande ampleur qui ne pourrait pas se faire sans que le cadre législatif ne suive. L'association "Mon revenu de base" espère en effet qu'une proposition de loi suive.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Première publication : 03/11/2017