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Le 3 novembre, depuis 11h44, les femmes françaises commencent à travailler "bénévolement"

Le 7 novembre 2016, des centaines de personnes se sont réunies place de la République à Paris pour protester contre les inégalités de salaire entre hommes et femmes.
Le 7 novembre 2016, des centaines de personnes se sont réunies place de la République à Paris pour protester contre les inégalités de salaire entre hommes et femmes. Thomas Samson, AFP

Chaque année, en raison des inégalités salariales entre hommes et femmes, les femmes françaises travaillent "gratuitement" à partir d'une certaine date. En 2017, cette période démarre le 3 novembre à 11h44, soit quatre jours plus tôt qu'en 2016.

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Quarante jours ouvrés : c'est la durée de la période en 2017, durant laquelle les femmes françaises travailleront "gratuitement". Une étude menée par le collectif féministe Les Glorieuses sur les inégalités de salaire entre hommes et femmes affiche ce résultat.

Les chiffres de cette étude, basés sur des données Eurostat, montrent qu'en 2015, le salaire horaire brut des femmes était 15,8 % plus faible que celui des hommes. Ramené sur une année, cet écart rend le travail des Françaises "gratuit" pendant 39,7 jours exactement, soit à partir du 3 novembre à 11 heures 44 minutes et 9,7 secondes. Cet écart peut évoluer en fonction de l'organisme ayant effectué les calculs (OCDE, Eurostat) et de la base retenue pour ce faire (salaire horaire brut ou salaire mensuel, salaire des hommes ou salaire des femmes, etc).

Une inégalité de salaire croissante

En 2016, plusieurs associations féministes s'étaient mobilisées pour alerter l'opinion et les pouvoirs publics. Plusieurs manifestations avaient eu lieu en France pour lutter contre les inégalités salariales le 7 novembre, à 16 h  4 – soit quatre jours plus tard qu'en 2017.

>> À lire aussi sur France 24 : "L’année 2017 marque un 'coup d’arrêt' pour l’égalité femmes-hommes"

"L'année dernière, nous avions fait nos statistiques à partir des derniers chiffres d'Eurostat disponibles, qui se basaient sur des salaires de 2010", précise Rebecca Amsellem, fondatrice des Glorieuses. "On ne peut pas dire que ce recul s'est fait en un an, mais plutôt en cinq."

Une sensibilisation grandissante et nécessaire

Forte du succès de la campagne de 2016 – "on avait l'impression que les gens découvraient cette inégalité", confie Rebecca Amsellem à BFM Business – les féministes renouvellent l'expérience. Outre une campagne sur les réseaux sociaux grâce au hashtag #3novembre11h44 et des visuels à partager, Les Glorieuses ont lancé une pétition de soutien en ligne pour que le mouvement ait des répercussions réelles.

"Nous voulons des avancées concrètes, qui soient plus efficaces que le système actuel consistant à mettre des amendes aux entreprises qui ne respectent pas l'égalité salariale", martèle la fondatrice. Le collectif met en avant des solutions concrètes comme la transparence des salaires par les entreprises, un congé parental identique pour les deux parents et un certificat d'égalité délivré par l'administration.

Selon une étude récente de la Fondation Concorde, instaurer une égalité salariale parfaite entre femmes et hommes engendrerait un gain annuel de 61,9 milliards d'euros pour l'économie française. Mais le rapport annuel du Forum économique mondial date l'accomplissement de l'égalité homme-femme parfaite au travail pour l'année 2234. La croissance française va donc devoir se passer de ces bénéfices pendant quelques années encore.

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