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Vers un second procès Abdelkader Merah après l'appel du parquet général

Abdelkader Merah (d) et Fettah Malki (g), dans le banc des accusés, jeudi 2 novembre 2017.
Abdelkader Merah (d) et Fettah Malki (g), dans le banc des accusés, jeudi 2 novembre 2017. Benoit Peyrucq, AFP

Au lendemain de la condamnation du frère de Mohamed Merah, Abdelkader, par la cour d'assises, le parquet général a annoncé, vendredi, faire appel, notamment pour ne pas avoir retenu la complicité d'assassinats.

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À la sortie de la salle d’audience où le verdict du procès Merah a été prononcé, jeudi 2 novembre, Latifa Ibn Ziaten, la mère d'une des sept victimes de Mohamed Merah, a déclaré sur RFI, qu’elle "espérait" un appel du parquet général. C’est désormais chose faite.

>> Procès Merah : un verdict en demi-teinte pour les familles de victimes

Le parquet général de Paris fait appel du verdict de la cour d'assises, vendredi 3 novembre, au lendemain de la condamnation d’Abdelkader Merah à 20 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste et 14 ans de prison à l’encontre de Fettah Malki pour avoir vendu l'arme et le gilet pare-balles à Mohamed Merah.

"Un verdict fulgurant de courage et décevant de manque d'audace"

Le ministère public a en effet estimé que la cour d'assises spéciale de Paris "n'avait pas tiré toutes les conséquences juridiques des faits qui lui étaient soumis", notamment pour avoir acquitté Abdelkader Merah de la "complicité d'assassinats" de son frère qui lui était reprochée. L'appel du parquet général concerne également Fettah Malki.

Le verdict n’a pas manqué de frustrer certaines familles de victimes. Me Jean Tamalet, avocat d’Abel Chennouf, l’un des parachutistes tués à Montauban en 2012, dresse un bilan mitigé de la décision de justice. "Le verdict a été fulgurant de courage sur les motivations de la condamnation pour associations de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste mais il est décevant sur le manque d’audace concernant la culpabilité d’Abdelkader Merah."

La décision de justice ne satisfait pas plus la défense. Christian Etelin, l'avocat de Fettah Malki, a annoncé que son client comptait faire appel. "C'est un effondrement de voir qu'il est considéré comme un terroriste", a-t-il regretté sur France info. "Il ne savait pas que Mohamed Merah pouvait agir ainsi, a-t-il indiqué. D'autant que Fettah Malki est un garçon qui n'a jamais pris au sérieux la religion et qui ne s'y est jamais intéressé."

"Il faut que je voie avec Abdelkader Merah, qu'on en discute"

Quant à Eric Dupond-Moretti, l’avocat d'Abdelkader Merah, il a déclaré, vendredi, réfléchir avec son client à un éventuel appel. "Il faut que je voie avec Abdelkader Merah, qu'on en discute. Je pense qu'on s'oriente vers un deuxième procès", a révélé l'avocat sur France Inter. Dans cette éventualité, "je voudrais qu'on évoque le contexte de ce procès qui pose la question de la victime dans le procès pénal, du poids de l'opinion publique, de l'image de l'institution judiciaire et de la façon dont le terrorisme nous a anesthésiés", a-t-il ajouté.

Revenant sur le verdict, Me Dupond-Moretti a estimé que c'était "une lourde peine". "C'est le maximum pour l'association de malfaiteurs, une association de malfaiteurs intrinsèquement discutable", qualifiant cette infraction de "fourre-tout".

"C'est le procès le plus difficile de ma carrière", a affirmé Eric Dupond-Moretti. "D'abord, j'ai été insulté ; parce qu'on a menacé mes enfants ; parce que la police s'est retranchée derrière un rideau, un ou deux policiers ont eu le courage de témoigner à visage découvert et les autres n'ont pas voulu le faire en nous indiquant que c'était parce que leur hiérarchie leur avait demandé ; parce que certains confrères de la partie civile ont été dans la surenchère médiatique".

Avec AFP

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