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Espagne : la présidente du Parlement catalan écrouée en attendant le versement d'une caution

Carme Forcadell arrive à la Cour suprême à Madrid, jeudi 9 novembre, pour être entendue dans le cadre d'une enquête pour "rébellion".
Carme Forcadell arrive à la Cour suprême à Madrid, jeudi 9 novembre, pour être entendue dans le cadre d'une enquête pour "rébellion". Str, AFP

La présidente du Parlement catalan, Carme Forcadell, poursuivie pour "rébellion" et "sédition" après la déclaration d'indépendance de son assemblée, a été écrouée, jeudi soir, en attendant le versement d'une caution de 150 000 euros.

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Un juge de la cour suprême de Madrid a demandé jeudi 9 novembre le placement en détention provisoire de la présidente du Parlement régional de Catalogne, Carme Forcadell, pour "rébellion" et "sédition". Selon un porte-parole de la cour, elle sera placée en détention provisoire si elle n'est pas en mesure de verser une caution de 150 000 euros.

Le président indépendantiste destitué de Catalogne, Carles Puigdemont, a réagi sur Twitter en déplorant que Carme Forcadell soit contrainte de "dormir en prison pour avoir permis un débat démocratique".

Carme Forcadell et cinq autres élus ont été entendus dans la journée. L'un a été laissé libre, le seul non indépendantiste, tandis que les quatre autres disposent d'une semaine pour réunir 25 000 euros et éviter la prison. Tous doivent remettre leur passeport et ne peuvent pas quitter l'Espagne.

Soutien de manifestants

Carme Forcadell a assuré devant le juge qu'elle n'avait pas, en tant que présidente du Parlement, "la liberté d'interdire un vote", selon un porte-parole de l'élue. Elle a aussi expliqué que la déclaration d'indépendance était sans effets juridiques, selon des sources ayant assisté à l'interrogatoire. C'est elle qui avait compté, un à un, les bulletins des élus ayant voté le 27 octobre pour la sécession, 70 sur 135, un fait sans précédent qui a ébranlé l'Espagne et inquiété l'Europe.

Carme Forcadell avait été accueillie à son arrivée au tribunal jeudi par les cris de manifestants pour et contre l'indépendance. "Vous n'êtes pas seuls !", disaient les uns aux élus indépendantistes, "Puigdemont en prison", hurlaient les autres.

Huit membres du gouvernement séparatiste destitué de l'indépendantiste Carles Puigdemont, qui a lui quitté l'Espagne pour la Belgique avec quatre autres "ministres", sont visés désormais par un mandat d'arrêt de la justice espagnole.

Début octobre, la justice avait aussi ordonné le placement en détention des dirigeants des deux plus puissantes associations indépendantistes de Catalogne (Omnium et l'ANC), Jordi Cuixart et Jordi Sanchez. Depuis, leur incarcération a suscité de nombreuses manifestations en Catalogne, leurs partisans les qualifiant de "prisonniers politiques".

Juncker opposé à "toute forme de séparatisme"

Carles Puigdemont a signé jeudi une lettre publiée par un quotidien catalan, El Punt Avui, réclamant la "libération des prisonniers politiques retenus en otage par l'État espagnol".

Les incarcérations ont entraîné de nombreuses manifestations des indépendantistes, au moment où ils doivent préparer les élections régionales convoquées par le gouvernement central pour le 21 décembre.

Jeudi le chef du gouvernement Mariano Rajoy a souhaité une forte mobilisation des adversaires à l'indépendance lors de ce scrutin, alors que la région est divisée, presque à parts égales, sur le sujet. "Il sera important qu'il y ait une participation massive", a-t-il déclaré.

Peu après, le chef du gouvernement conservateur a reçu à Salamanque son "ami", le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, qui s'est vu décerner un titre de docteur Honoris Causa et en a profité pour rappeler son opposition "à toute forme de séparatisme qui fragilise l'Europe", déclarant que "le nationalisme est un poison qui empêche l'Europe de vivre ensemble".

Avec AFP

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