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FRANCE

La France teste un dispositif de déradicalisation expériemental

La ministre de la Justice Nicole Belloubet , le 6 octobre, à Nantes.
La ministre de la Justice Nicole Belloubet , le 6 octobre, à Nantes. Loic Venance, AFP
4 mn

Le gouvernement a dévoilé, jeudi, un dispositif de lutte contre la radicalisation intitulé Rive, Recherche et intervention sur les violences extrémistes. Encore expérimental, il a été lancé en France il y a un an.

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Un mois avant l'annonce d'un "plan national" de lutte contre la radicalisation, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a dévoilé, jeudi 9 novembre, le dispositif Rive, pour "Recherche et intervention sur les violences extrémistes", un programme expérimental en milieu ouvert lancé il y a un an dans le plus grand secret.

Sa particularité est qu'il prend en charge, à la demande d'un juge, des personnes déjà condamnées ou en attente de leur jugement, pour une infraction en lien avec une entreprise terroriste ou du fait d'un signalement pour radicalisation violente. Il est piloté, pour un contrat renouvelable de deux ans, par une association, Apcars, spécialisée dans le suivi socio-judiciaire.

Quatorze personnes – huit hommes et six femmes – sont actuellement suivies (50 à terme), au minimum pour un an, par une équipe d'éducateurs, un psychologue, un référent religieux ou un psychiatre. Ce suivi est individuel, à raison d'au moins six heures par semaine les premiers mois, mêlant entretiens et aide à la réinsertion. Le lien est établi avec la famille, la personne est accompagnée dans ses démarches administratives, vers "l'autonomie".

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C'est l'exact contre-pied de précédentes expériences, qui consistaient à regrouper les détenus impliqués dans des dossiers jihadistes, soit pour les évaluer, soit pour les isoler au sein de quartiers dédiés.

Des profils variés, des offres ciblées

Dix des personnes suivies par Rive sont condamnées ou poursuivies pour association de malfaiteurs à visée terroriste, avec des profils extrêmement divers qui vont d'un individu de retour de Syrie à une personne poursuivie pour apologie du terrorisme. L'un est assigné à résidence, l'autre sous bracelet électronique.

"L'objectif, explique Samantha Enderlin, directrice de Rive, c'est le désengagement de la violence extrémiste. Pour cela, nous favorisons le mentorat, la mise en place d'une relation de confiance dans une prise en charge sur mesure, en complément de l'action des services de probation et d'insertion (SPIP)".

L'offre est ciblée : une journée de bénévolat pour favoriser l'estime de soi pour l'un, une visite programmée à Verdun, jusqu'au carré des musulmans, pour entrer dans l'histoire collective pour l'autre, un entretien avec un spécialiste de l'islam pour un troisième. L'équipe est joignable du lundi au samedi, de 9 h à 19 h.

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"Nous avons autour de 500 détenus très radicalisés et 1 500 personnes en voie de radicalisation. Donc il faut agir", résume Nicole Belloubet, en expliquant son choix de communiquer sur ce dispositif qui reste à "évaluer dans le temps". La France, confrontée à une vague d'attaques jihadistes depuis 2015, cherche tous azimuts à endiguer le phénomène de radicalisation.

L'unique centre de déradicalisation en France, ouvert en septembre 2016 à Pontourny (Indre-et-Loire), a fermé cet été faute de résultats.

Avec AFP

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