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Hommage à Louise Pikovsky : "Elle et ses camarades sont toutes là aujourd’hui"

Le dévoilement de la plaque par deux élèves du lycée Jean de La Fontaine, à Paris, le 15 novembre.
Le dévoilement de la plaque par deux élèves du lycée Jean de La Fontaine, à Paris, le 15 novembre. Stéphanie Trouillard, France 24

Six mois après la publication sur France 24 d’un webdocumentaire sur les élèves déportées du lycée Jean de La Fontaine, à Paris, une cérémonie a eu lieu à l'occasion de l'inauguration d'une plaque aux noms de ces jeunes filles victimes de la Shoah.

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Gabrielle Ascher, 15 ans, Berthe Baumann, 16 ans, Anna Janowski, 14 ans, Louise Pikovsky, 16 ans, Lucie Pikovsky, 12 ans, Hélène Poulik, 16 ans, Francine Azoulay, 15 ans, Dinura Biberman, 17 ans. Chaque jour désormais, des centaines de collégiens et de lycéens vont passer devant ces noms dans le hall du lycée Jean de La Fontaine, à Paris. Une plaque a été inaugurée en leur mémoire mercredi 15 novembre.

Soixante-douze ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et six mois après la publication du webdocumentaire de France 24 sur l’histoire de ces jeunes élèves juives déportées, et tout spécialement sur celle de Louise Pikovsky, un hommage leur a enfin été rendu. Ce lycée parisien était l’un des rares établissements à ne pas détenir de plaque en souvenir des victimes de la Shoah. "Elles sont revenues. Louise et ses camarades sont toutes là aujourd’hui", a ainsi résumé Thierry Martin, adjoint au maire du 16e arrondissement.

La cérémonie au lycée Jean de La Fontaine en images
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"Elles avaient l’âge de tous les espoirs"

Lors d’une cérémonie particulièrement émouvante, le destin tragique de ces jeunes filles a été rappelé. Encore adolescentes, elles ont pour la plupart été arrêtées lors de la rafle du Vél d’Hiv en juillet 1942, puis déportées à Auschwitz, où elles ont toutes été assassinées. Face aux lycéens présents en nombre pour l’occasion, André Panczer, président du Conseil national pour la mémoire des enfants juifs a insisté sur le lien qui unit les élèves d’autrefois à ceux d’aujourd’hui : "Comme vous, elles avaient l’âge de tous les projets, de tous les espoirs et de toutes les amours".

Pour leur rendre hommage, leurs héritiers sur les bancs du lycée ont interprété plusieurs chants et lu des extraits des lettres de Louise Pikovsky, retrouvées récemment dans une armoire de l’établissement. Pendant des mois, ils se sont également investis en établissant avec leurs professeurs la liste de toutes les élèves déportées. Grâce à eux, elles ont désormais un nom et un visage. "À partir de maintenant, vous passerez devant cette plaque en ayant une pensée pour ces filles qui étaient des élèves comme vous", leur a adressé Marc Saïkali, directeur de la rédaction de France 24. "Soyez, les jeunes, les gardiens de la tolérance et de la fraternité", a-t-il ajouté en faisant référence aux combats toujours d’actualité contre le racisme et l’antisémitisme.

Des invités venus des quatre coins de France

Dans l’assemblée, nombreux sont ceux qui n’ont pu retenir leurs larmes à l’évocation du nom de ces jeunes filles. Plusieurs membres de leur famille sont venus des quatre coins de la France, et même d’Europe, tout spécialement pour cet hommage. "C’est tellement impressionnant. C’est un travail extraordinaire", a ainsi réagi Judith Simmons, une cousine de Louise Pikovsky, qui a fait le déplacement depuis Londres. "C’est beaucoup d’émotions. Cela ravive des souvenirs difficiles, les membres de ma famille sont toujours présents, mais il faut que le son porte, que ce passé soit connu", a ajouté Claude Counord, une autre cousine. "J’étais très émue. Anna Janovski était mon amie. Je regrette qu’elle ne soit pas là. J’ai été particulièrement touchée par les chants des élèves", a aussi exprimé Sarah Montard, elle-même déportée en 1944.

Le temps d’une cérémonie, ces derniers témoins de la Seconde Guerre mondiale et les jeunes de la nouvelle génération ont été réunis. Ce travail de mémoire est un véritable passage de flambeau. "Quand on a vu la plaque, cela nous a coupé le souffle", a ainsi expliqué Romane Ribe, l’une des lycéennes qui a retrouvé le nom de Berthe Baumann dans les archives du lycée et qui a dévoilé la plaque. "Nous avons compris tout ce qu’il s’était passé durant cette période. Ce sera ensuite aux autres élèves plus jeunes de le réaliser. Il y a encore beaucoup de choses à retrouver. Le travail de mémoire n’est pas fini".

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