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Irak-Syrie : la France face au problème des "revenants" et de leurs enfants

Neuf personnes sont revenues de la zone irako-syrienne depuis le début de l'année. Chacune est traitée au cas par cas par la justice.
Neuf personnes sont revenues de la zone irako-syrienne depuis le début de l'année. Chacune est traitée au cas par cas par la justice. Capture d'écran France 24

Un homme et une femme soupçonnés d’avoir tenté de rejoindre une zone de combats en Syrie ont été arrêtés mardi à Roissy. Wassim Nasr, spécialiste des réseaux jihadistes à France 24, livre un éclairage sur l’épineuse question des "revenants".

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Un homme de 25 ans et une femme de 22 ans ont été arrêtés, mardi 14 novembre, à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, à leur descente d'avion en provenance d'Istanbul. Ils sont soupçonnés d’avoir tenté de rejoindre séparément la zone de combats jihadiste en Syrie. La jeune femme était accompagnée d'un enfant en bas âge.

Depuis 2012, plus de 300 Français seraient revenus de la zone irako-syrienne. Mais selon Wassim Nasr, journaliste à France 24 spécialiste des réseaux jihadistes, le flux des retours s’est tari en 2017 et moins d’une dizaine de personnes sont rentrées en France depuis le mois de janvier.

À leur retour, Paris considère leur situation "au cas par cas", comme l’a rappelé Emmanuel Macron lors d’une interview accordée à France 2 début novembre. Dans les faits, la justice française prononce la plupart du temps des peines lourdes, "y compris pour les Français reconnus coupables de propagande pour avoir consulté des sites jihadistes", détaille Wassim Nasr.

À la suite des défaites militaires de l’organisation État islamique (EI), des jihadistes français ont été faits prisonniers par l’armée irakienne. Emmanuel Macron a assuré que la France reconnaissait les décisions de la justice irakienne concernant des jihadistes français. Cependant, "la question se pose de les extrader ou de les laisser sur place parce que leur nationalité fait qu’ils peuvent constituer des moyens de pression contre le gouvernement français", explique Wassim Nasr.

"Le suivi de ces enfants va se faire sur une génération"

Dans le dossier des "revenants", c’est la question des enfants qui pose le plus de problème aux pays d’origine des jihadistes. "Aujourd’hui, il y a 58 cas de retour de mineurs. Sur ces 58 cas, 8 sont judiciarisés. Ce sont des enfants qui ont plus de 13 ans. Ils seront donc jugés par des tribunaux pour mineurs mais pour actes de terrorisme, ce qui est inédit", souligne Wassim Nasr.

>> À lire : Combattants malgré eux, les enfants bourreaux de l’organisation État islamique

Confronté au retour en France d’enfants qui ont été élevés au sein de l’EI et ont pu être témoins d’atrocités, "l’État français essaye d’avoir une réponse multidimensionnelle en impliquant le ministère de la Justice, de l’Éducation et de l’Intérieur", ajoute le journaliste. "Mais le suivi de ces enfants va se faire sur une génération parce que certains ont été embrigadés et convaincus que la France c’est l’ennemi. Certains ont vu leurs parents tués dans des frappes occidentales".

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