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L'administration Trump va autoriser les "trophées d'éléphants" provenant du braconnage

Des éléphants d'Afrique dans le South Luangwa National Park, dans l'est de la Zambie.
Des éléphants d'Afrique dans le South Luangwa National Park, dans l'est de la Zambie. Wolfgang Kaehler/LightRocket via Getty Images

Cette décision, qui va complètement à l'encontre de la protection des pachydermes, est justifiée par une argumentation complètement cynique.

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Mise à jour du 08/03/18 à 17h : Les États-Unis ont désormais levé l'interdiction d'importer des peaux de lions. Dans une note rédigée par l'organisme fédéral United States Fish and Wildlife Service le 1er mars, on apprend que, "après une étude au cas par cas", ces trophées de chasse pourront, comme ceux des éléphants, être introduit sur le territoire américain. Encore une fois, l'argumentaire est basé sur la promesse de réutiliser les bénéfices engrengés dans la protection animale. 

Après s'être attaqué à l'Obamacare dès le début de son mandat, Donald Trump se dresse une nouvelle fois contre les lois établies par l'ancien président des États-Unis Barack Obama, dont celle interdisant l'importation des trophées de chasse issus de certains pays d'Afrique et liés au braconnage d'espèces protégées. 

VOIR AUSSI : La photo d'un rhinocéros noir tué par des braconniers remporte le prix Wildlife Photographer of the Year 2017

L'administration Trump a ainsi annoncé, mercredi 15 novembre, que les trophées de chasse d'éléphants provenant du Zimbabwe et de la Zambie pourraient désormais être importés aux États-Unis, chose interdite depuis 2014. Un responsable de l'organisme fédéral United States Fish and Wildlife Service a déclaré à ABC News, mercredi 15 novembre que, selon la volonté de l'administration Trump, "les sommes payées pour avoir un permis de chasse pourraient aider à collecter des fonds nécessaires à la conservation des espèces". Tuer des éléphants pour récolter de l'argent pour protéger les éléphants, en somme. 

En 2014, Barack Obama avait décidé que l'importation de trophées issus de la chasse à l'éléphant serait autorisée depuis certains pays comme l'Afrique du Sud, mais interdite depuis d'autres comme le Zimbabwe, qui n'a pas pu prouver que cette chasse était bénéfique à la population de son pays. En réalité, comme le rapporte le bureau de recensement Great Elephant Census, le nombre d'éléphants au Zimbabwe est encore en déclin. Dans ce nouveau projet de loi, l'autorisation de chasser s'étendra au Zimbabwe et à la Zambie. 

L'association Humane Society International a dénoncé cette décision, rappelant que le Zimbabwe était "l'un des pays les plus corrompus du monde", et que "l'an dernier, son président Robert Mugabe célébrait son anniversaire en dînant sur le cadavre d'un éléphant".

Ce choix de l'administration Trump intervient quelques jours après que le secrétaire de l'Intérieur des États-Unis Ryan Zinke a vanté les "bénéfices économiques engrangés par les voyages à l'étranger d'Américains partis pour chasser", ajoutant là aussi que cette pratique "créait des emplois permettant la préservation de la faune". Une logique difficile à saisir, encore une fois. 

L'éléphant est une espèce protégée depuis plusieurs années, mais sa population ne cesse de décroître : entre 2007 et 2014, le nombre d'éléphants de la savane a chuté de 30 %, pour arriver à 350 000 spécimens encore en vie. 

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