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Reporters

De Téhéran à Najaf, avec des pèlerins chiites qui bravent tous les dangers

C'est l'un des pèlerinages les plus dangereux du monde. Chaque année, malgré la présence de l'organisation État islamique (EI) qui les honnit, des millions de chiites se rendent dans le sud de l'Irak pour honorer les sanctuaires de Kerbala et de Najaf. Pendant cinq jours, notre reporter a suivi un groupe de jeunes étudiantes iraniennes, de Téhéran, en Iran, à Najaf, dans le sud de l'Irak. Reportage exclusif.

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C’est l’un des plus grands rassemblements religieux au monde. Chaque année, au moment de la période de l'Arbaïn, 40e jour du deuil de l'imam Hossein, petit-fils de Mahomet, des millions de chiites déferlent dans le sud de l'Irak pour le pèlerinage de l'Arbaïn dans les villes saintes de Najaf et Kerbala. L'Arbaïn est l'une des dates les plus importantes du calendrier chiite. Il marque la fin des 40 jours de deuil de la mort de l'imam Hussein, assassiné en 680 par les troupes du calife omeyyade durant la bataille de Kerbala. Les fidèles, vêtus de noir, viennent d'Irak, d'Iran, du Pakistan, d'Afghanistan, du Liban, ou encore du Golfe, pour se recueillir dans le mausolée au dôme doré où est enterré le petit-fils du prophète Mahomet. En signe de deuil, ils se frappent la poitrine à l'unisson sur fond de chants religieux.

Cette année, près de 2,5 millions de pèlerins sont venus de la République islamique voisine. Pour effectuer ce voyage de tous les dangers, il leur faut parcourir durant presque deux jours une longue route, en bus ou à pied, et franchir la frontière entre l'Iran et l'Irak, l'une des plus sécurisées du monde.

>> Entretien avec Florence Parly : "L'EI est d'ores et déjà en train de redéployer son action"

Nous avons suivi Fatemeh, une jeune étudiante iranienne qui effectue ce pèlerinage pour la première fois de sa vie, contre l’avis de ses parents. Elle va découvrir pour la première fois le mausolée de l’imam Ali, à Najaf. Avec ses amies, on ne parle pas de sécurité, malgré les mises en garde régulières des responsables de leur groupe. Des tanks et des patrouilles aux alentours suffisent à rappeler qu’en juin dernier, une trentaine de personnes ont été tuées dans un attentat-suicide près du mausolée de Kerbala. Les jihadistes de l’organisation État islamique considèrent les chiites comme des hérétiques.

Avant la chute de Saddam Hussein en 2003, ce pèlerinage était interdit aux Iraniens et difficile d’accès aux Irakiens chiites, majoritaires dans le pays. Depuis 2003, le nombre de pèlerins n’a cessé d’augmenter pour atteindre 20 millions l’an dernier et près 15 millions cette année. Alors que la menace envers eux est depuis omniprésente, les chiites veulent aussi exister grâce à ce pèlerinage.

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