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Le président zimbabwéen Robert Mubage face à une procédure de destitution

Des centaines de personnes étaient massées à l'extérieur du Parlement, aux cris de "Mugabe doit partir", à Harare mardi 21 novembre.
Des centaines de personnes étaient massées à l'extérieur du Parlement, aux cris de "Mugabe doit partir", à Harare mardi 21 novembre. Zinyange Auntony, AFP

Le Parlement zimbabwéen s'est réuni mardi pour enclencher une procédure de destitution contre le président Robert Mugabé, qui refuse de démissionner. Les présidents sud-africain et angolais sont attendus à Harare pour tenter de trouver une issue.

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Robert Mugabe apparaît de plus en plus isolé : la plupart des membres du gouvernement ont "snobé" le conseil des ministres qu'il avait convoqué mardi 21 novembre, selon le quotidien d'État The Herald. Depuis le début de la crise il y a une semaine, les voix se multiplient pour exiger le départ du plus vieux chef d'État au monde, âgé de 93 ans : l'armée, la rue et même son propre parti, la Zanu-PF.

"Motion sans précédent"

Ce mardi, c'est au tour du Parlement de débuter une session extraordinaire, sur décision de la Zanu-PF, afin d'enclencher une procédure de destitution à son encontre. "Cette motion est sans précédent dans l'histoire du Zimbabwe depuis son indépendance", a souligné le président de l'Assemblée, Jacob Mudenda, en début de session.

Selon l'article 97 de la Constitution zimbabwéenne, l'Assemblée nationale et le Sénat peuvent engager à la majorité simple une procédure de révocation du président. Une commission d'enquête est alors formée pour rédiger une résolution de destitution, qui doit être approuvée à la majorité des deux-tiers des élus.

Des centaines de personnes étaient massées à l'extérieur du Parlement, aux cris de "Mugabe doit partir". La Zanu-PF entend obtenir, par voie légale, ce que ni les manifestants et ni l'armée n'ont obtenu jusqu'à présent. Elle entend notamment accuser Robert Mugabe "d'avoir autorisé sa femme à usurper des pouvoirs" et de "ne plus être en capacité physique d'assurer son rôle, compte tenu de son grand âge", a précisé un député, Paul Mangwana.

>> À lire aussi sur France 24 : Grace Mubage, la trop ambitieuse première dame du Zimbabwe

La première dame Grace Mugabe a été le catalyseur de la crise politique actuelle. C'est sur son insistance que le vice-président Emmerson Mnangagwa a été écarté le 6 novembre.

De son côté, le vice-président est également sorti de son silence mardi pour réclamer le départ de Robert Mugabe, l'exhortant et "à tenir compte des appels lancés par le peuple à sa démission de façon à ce que le pays puisse avancer".

Dans sa déclaration, celui qui fait figure de favori pour assurer une éventuelle transition politique, vivant à l'étranger depuis son limogeage, a également confirmé qu'il était en contact avec le président . Il "m'a invité à rentrer au pays pour une discussion sur les événements politiques en cours dans la nation. Je lui ai répondu que je ne rentrerai pas tant que je ne suis pas satisfait des conditions de ma propre sécurité", a indiqué l'ex-cacique du régime.

Le général Chiwenga a jugé lundi soir "encourageants" les pourparlers entre les deux hommes. L'armée, qui dément mener un coup d'État, essaie d'obtenir en douceur la reddition du chef de l'État afin d'éviter les critiques et d'éventuelles menaces d'intervention des pays voisins, où l'aura du "libérateur" Robert Mugabe reste forte.

Les présidents sud-africain Jacob Zuma et angolais Joao Lourenço se rendront mercredi à Harare pour tenter de trouver une issue à la crise politique, ont-ils annoncé à l'issue d'une réunion d'urgence du bloc régional de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC).

Avec AFP

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