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Argentine : "Le féminicide n'est plus considéré comme normal"

© Virginie Herz, FRANCE 24 | Ximena Schinca, représentante de NiUnaMenos

Texte par Virginie HERZ , Envoyée spéciale en Argentine

Dernière modification : 25/11/2017

En 2015 naissait en Argentine le collectif NiUnaMenos qui se mobilise contre le meurtre des femmes en Amérique latine. À l'occasion de la journée pour l'élimination de la violences contre les femmes, France 24 a rencontré l'une de ses militantes.

Dans toute l'Amérique latine, le slogan du collectif argentin NiUnaMenos - "pas une de moins" - est devenu un cri de ralliement contre les féminicides*. En l'absence de données officielles, les militants de NiUnaMenos estiment qu'en Argentine, une femme meurt toutes les trente-quatre heures en raison de son sexe. Virginie Herz, de France 24, a rencontré Ximena Schinca, l'une des représentantes du mouvement. À retrouver dans l'émission Actuelles.

Virginie HERZ : Comment expliquer l'écho rencontré par le slogan "NiUnaMenos"?

Ximena SCHINCA : Du Mexique à l'Argentine en passant par le Salvador ou le Pérou, les femmes subissent les mêmes violences.

Le problème est culturel : dans nos pays, les femmes sont considérées comme des objets de reproduction ou de plaisir. Des biens, des corps sur lesquels les hommes ont des droits. Le féminicide est la forme extrême de la violence sexiste

En Argentine, ce qui a provoqué une manifestation de masse est une série d'assassinats sauvages perpétrés en 2015. L'exemple de cette mobilisation, d'hommes et des femmes, a réactivé des mouvements de protestation dans les pays voisins. Les réseaux sociaux aidant, cette vague continue jusqu'à aujourd'hui.

Le mot "féminicide" est entré dans le vocabulaire courant en Amérique latine, et il est même spécifiquement puni par la loi de plus d'une dizaine de pays de la région. Pourtant le nombre de meurtres de femmes ne baisse pas. Comment expliquer ce paradoxe ?

Le changement de mentalité prend du temps. Ce qui est acquis, c'est que le féminicide n'est plus nié ni considéré comme normal. Ainsi la presse, par exemple, ne parle plus de crime passionnel quand une femme est tuée par son époux ou petit ami. Dans les textes, le meurtre d'une femme parce qu'elle est femme est une circonstances aggravante. Mais il faut maintenant que le système judiciaire applique ces textes et détecte véritablement ces crimes de genre.

Quelle pistes pour la suite ?

Il faut s'attaquer à la racine du problème, à l'éducation. Dès la maternelle, il faudrait enseigner aux enfants que les filles et les garçons, les femmes et les hommes sont égaux en droits. Que l'un n'est pas supérieur à l'autre. Ça va prendre du temps, ça provoque des crispations, mais je suis optimiste. "L'empowerment" [prise de conscience et de pouvoir] des femmes en Amérique latine est en cours.

*La notion de féminicide est entrée dans le Petit Robert de la langue française en 2015 : meurtre d'une femme, d'une fille en raison de son sexe. Le féminicide est un crime reconnu par plusieurs pays d'Amérique latine. En France, il n'a pas de valeur juridique.

© Virginie Herz, France 24

Première publication : 24/11/2017

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