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Le renvoi d’une centaine de diplomates américains laisse vacantes plusieurs ambassades clés

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson aurait congédié une centaine de diplomates, selon le New York Times.
Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson aurait congédié une centaine de diplomates, selon le New York Times. Saud Loeb, AFP

D’après le New York Times, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a congédié une centaine de diplomates. Ainsi, des postes d’ambassadeurs demeurent vacants dans des pays stratégiques, comme la Corée du Sud ou l’Arabie saoudite.

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À la suite d’une purge initiée par le secrétaire d’État américain Rex Tillerson au sein de son ministère, une centaine de diplomates américains ont été poussés au départ ou à la retraite anticipée, a révélé le New York times vendredi 24 novembre.

"Les nominations politiques, qui accompagnent normalement les changements d’administration, n’ont pas permis de compenser ces départs", déplore le quotidien américain, qui indique que seuls 10 sur 44 postes clefs du département d’État ont été attribués. Pour la plupart des postes vacants, Rex Tillerson n’a pas encore transmis de nouveaux noms, huit mois après la prise de fonction de l’ancien patron du géant pétrolier ExxonMobil au secrétariat d’État en février 2017.

Résultat, de nombreuses ambassades américaines se retrouvent sans ambassadeur à leur tête, et pas des moindres. En pleine crise avec la Corée du Nord, la représentation américaine en Corée du Sud en est encore dépourvue. Pas même un secrétaire d’État adjoint n’a été nommé pour l’Asie de l’Est pour compenser ce manque. Alors que la tension est à son comble entre Téhéran et Riyad, Washington n'a toujours pas d'ambassadeur non plus en Arabie saoudite, en Turquie, en Jordanie, en Égypte ou au Qatar, d’après le New York Times. Il en va de même en Afrique du Sud, voisin du Zimbabwe qui connaît pourtant d’importants changements avec la mise à l’écart de Robert Mugabe.

"Un dédain pour la diplomatie"

Mis à la porte, les diplomates américains peuvent désormais prendre la parole publiquement, ce qui explique que l’affaire fasse du bruit maintenant.

"Cela révèle un véritable dédain pour la diplomatie" estime R. Nicholas Burns, un diplomate à la retraite, nommé sous la présidence de George W. Bush. Nancy McEldowney, une ancienne ambassadrice partie à la retraite en juin après trente ans de carrière, déplore, elle, le "vide" laissé par les départs. Elle estime que les rares personnes que Rex Tillerson a nommées sont beaucoup moins expérimentées. Un impact négatif que nie R. C. Hammond, le porte-parole du secrétaire d’État américain. "Ces personnes sont qualifiées. Ce serait faire insulte au département d’État que de dire qu’il a été éventré", déclare-t-il.

Pourtant Rex Tillerson n’a jamais caché son projet de réduction d’un tiers (31 %) du budget du ministère des Affaires étrangères américain. Dans la droite ligne des ambitions qu’ils avaient affichées, il a effectivement gelé les embauches, et offert des primes de départ dans le but de pousser à la porte près de 2 000 diplomates d’ici octobre 2018, selon le New York Times. Certains se sont résignés après s’être vu refuser des affectations demandées, d’autres se sont retrouvés à des postes sans prérogative.

Des femmes et des diplomates de couleurs mis au ban

"Tout cela a permis de simplifier les démarches visant à se séparer des diplomates qui n’adoptaient pas la même vision que l’actuel secrétariat d’État" explique le journal. Autre constat, la plupart des diplomates mis au ban, sont des femmes, des Afro-Américains et Latino-Américains.

Dans un courrier adressé à Tillerson le 16 novembre, des membres démocrates du comité des Affaires étrangères de la Chambre des représentants évoquent un "exode de 100 diplomates expérimentés du Département d’État américain", accusant le secrétaire d’État de "purge intentionnelle".

Craignant que les États-Unis ne perdent leur influence sur le plan international, des élus républicains se sont eux aussi mobilisés, à l’instar de John McCain. "La force diplomatique américaine s’affaiblit sur le plan intérieur, alors même que des crises complexes et mondialisées se multiplient à l’extérieur" a alerté le sénateur républicain de l’Arizona.

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