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Journée de manifestations à l’appel de l’opposition au Togo et en RD Congo

Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Lomé, mercredi 29 et jeudi 30 novembre 2017.
Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Lomé, mercredi 29 et jeudi 30 novembre 2017. AFP (archives)

Les partis d’opposition congolais et togolais ont appelé à de larges manifestations contre le pouvoir en place jeudi. Si des milliers de Togolais ont défilé dans les rues à Lomé, la mobilisation contre Joseph Kabila a été très timide à Kinshasa.

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Des milliers de manifestants sont une nouvelle fois descendus dans les rues de la capitale togolaise Lomé, jeudi 30 novembre pour le deuxième jour consécutif, à l'appel de l'opposition.

Les marches se sont déroulées dans le calme et la population est toujours aussi déterminée, après trois mois de forte contestation populaire, pour demander une limitation rétroactive du mandat présidentiel et la démission du président Faure Gnassingbé. Le chef de l'État est à la tête du Togo depuis 2005, succédant à son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé sans partage le pays pendant 38 ans.

Resté silencieux pendant des mois, Faure Gnassingbé a fait savoir la semaine dernière qu'un dialogue avec l'opposition devrait avoir lieu "d'ici à quelques semaines".

>> Voir l'interview de Guy Lorenzo, ministre togolais de la Communication, qui revient sur la crise au Togo

La coalition de 14 partis d'opposition, qui organise des manifestations quasi hebdomadaires depuis début septembre, réclame toutefois des "mesures d'apaisement" en amont des négociations : libération des personnes détenues, levée de "l'État de siège" et de l'interdiction de manifester dans les villes du Nord (Sokodé, Bafilo et Mango) et retour des militaires dans les casernes.

Interrogé par France 24 et RFI sur la crise au Togo, Emmanuel Macron a dit mercredi soir souhaiter que "le peuple puisse s'exprimer librement".

"L'instabilité au Togo aura des conséquences régionales et nous devrons payer le prix du développement", a indiqué le président nigérian Muhammadu Buhari, lors du sommet Europe/Afrique d'Abidjan.

>> À lire : RD Congo, Togo : les rappels à l'ordre d'Emmanuel Macron

Manifestations frileuses et sans Tshisekedi à Kinshasa

Commerces et écoles fermées, circulation fluide : à Kinshasa et dans les grandes agglomérations congolaises, la journée de jeudi a surtout de nouveau pris des allures de "ville morte", comme le 15 novembre. Le chef du Rassemblement de l'opposition (Rassop), Félix Tshisekedi avait pourtant demandé à tous les Congolais de descendre dans la rue contre le calendrier électoral renvoyant les élections au 23 décembre 2018.

Seul un noyau dur de militants a répondu à l'appel. Plusieurs opposants ont été interpellés dès qu'ils ont tenté de manifester sur la voie publique pour demander le départ du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, élu en 2006 et réélu en 2011. Parmi eux, des élus et des cadres de l'opposition ont passé plusieurs heures au poste, comme le secrétaire général de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Jean-Marc Kabund, et trois députés.

Même Félix Tshisekedi n'a pu répondre à son propre mot d'ordre. Des policiers ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs dizaines de sympathisants rassemblés devant chez lui, a rapporté un journaliste de l'AFP.

À Lubumbashi, la deuxième ville du pays, un policier a été grièvement blessé par les manifestants qu'il tentait de disperser, selon le chef de la police du Haut-Katanga. À Kananga (Kasaï), deux manifestants ont été blessés pendant la dispersion d'une manifestation de 50 à 300 personnes, a rapporté un correspondant de l'AFP. D'autres se sont repliés dans des installations de la Mission des Nations unies (Monusco) lors d'affrontements avec la police. Dans les deux provinces du Kivu, une vingtaine de militants du mouvement Lutte pour le changement (Lucha) ont été arrêtés, selon cette organisation.

Si les chancelleries suivent de près la situation en RD Congo, l'opposition n'a aucun soutien à l'extérieur du pays. À la veille de la journée de jeudi, le président français Emmanuel Macron avait repris la position de la communauté internationale : des élections "en 2018 dans le cadre constitutionnellement prévu".

Avec AFP

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