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Allemagne : les sociaux-démocrates prêts à aider Merkel sous conditions

Le chef des sociaux-démocrates allemands Martin Schulz (archives).
Le chef des sociaux-démocrates allemands Martin Schulz (archives). AFP archives

Martin Schulz, chef du SPD allemand, a indiqué vendredi que les membres de son parti étaient très largement d'accord pour n'écarter aucun scénario de gouvernement et qu'une alliance avec les conservateurs d'Angela Merkel n'était "pas automatique".

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2017-12-01 14:08 Grab correspondant Berlin négociation SPD CDU Allemagne [nid:5204956]

Alors que le parti social-démocrate (SPD) a amorcé des discussions avec les conservateurs du CDU-CSU d'Angela Merkel, son chef Martin Schulz a déclaré, ce vendredi, être prêt à discuter avec les conservateurs d'Angela Merkel pour sortir le pays de l'impasse politique actuelle. Il s’est toutefois gardé de s'engager sur la nature d'une éventuelle alliance.

Il a précisé, à la sortie d'une réunion de la direction du SPD, que les membres du parti étaient très largement d'accord pour n'écarter aucun scénario de gouvernement et qu'une alliance avec le bloc conservateur n'était "pas automatique".

L'Allemagne est actuellement dirigée par un gouvernement chargé d'expédier les affaires courantes, avec à sa tête la chancelière conservatrice qui est sortie victorieuse mais très affaiblie des législatives du 24 septembre.

"Nous avons de nombreuses options"

Après l'échec des discussions engagées entre le bloc CDU-CSU de Merkel, les Verts et les libéraux du FDP, seule une poursuite de l'alliance existante depuis 2013 entre conservateurs et sociaux-démocrates du SPD peut permettre d'obtenir la majorité absolue. Le souci d'éviter un retour aux urnes, ont placé le SPD sous pression et l'ont amené à revoir sa stratégie.

"Nous avons de nombreuses options pour former un gouvernement, nous devrions parler de chacune de ces options, et c'est ce que je vais proposer à la direction du parti lundi", a déclaré Martin Schulz au lendemain d'une rencontre au sommet avec la chancelière, sous l'égide du chef de l'État Frank-Walter Steinmeier.

Outre l'option d'une coalition, le SPD envisage un soutien sur certains dossiers à un gouvernement minoritaire des conservateurs de la chancelière, auquel ils ne participeraient pas. Il a qualifié de "complètement fausses" les informations - véhiculées peu avant son intervention par le quotidien populaire Bild -, selon lesquelles son parti était convenu d'entamer des discussions exploratoires pour de nouveau former un gouvernement commun avec Angela Merkel.

Ces rumeurs "semblent provenir de sources proches des conservateurs", a-t-il ajouté, "et je viens justement de téléphoner à ce sujet à Mme Merkel pour lui dire que cela est inacceptable", a-t-il lancé, visiblement irrité. "Celui qui fait circuler de fausses informations détruit la confiance", a-t-il insisté.

"Nul ne peut s'attendre à ce que cela aille vite"

Interrogé par la chaîne de télévision ZDF, Sigmar Gabriel, ministre allemand des Affaires étrangères et membre du SPD, a déclaré de son côté que nul ne devait s'attendre à ce que son parti accepte immédiatement de revenir à l'option de la "grande coalition".

"Nous sommes à présent dans un processus orchestré par le président, dans lequel nous devons d'abord voir quelles sont les possibilités, mais nul ne peut s'attendre à ce que cela aille vite", a-t-il dit.

"Les conservateurs, les Verts et le FDP ont passé plusieurs mois pour finalement que rien n'émerge, je demanderai donc aux gens de ne pas exercer de pression sur nous", a-t-il poursuivi, ajoutant qu'il appartenait aux conservateurs de dire clairement ce qu'ils souhaitent.

La CDU, la CSU et le SPD doivent tous tenir des réunions à haut niveau dans la journée de vendredi pour débattre de la façon de procéder. Merkel devrait avoir une conférence téléphonique avec des hauts responsables de son parti pour discuter du contenu de la réunion avec Frank-Walter Steinmeier.

De nombreux conservateurs doutent que le SPD accepte de lancer des discussions formelles en vue d'une éventuelle coalition avant son congrès prévu la semaine prochaine.

La pomme de discorde au goût de glyphosate

Un sondage Allensbach indique que près de deux tiers des Allemands souhaitent l'ouverture de ces discussions.

Mais l'atmosphère s'est dégradée cette semaine après le vote lundi du ministre allemand de l'Agriculture, Christian Schmidt (CSU), en faveur d'un renouvellement pour cinq ans de l'autorisation du glyphosate dans l'Union européenne.

>> À lire aussi : le gouvernement allemand empoisonné par son vote sur le glyphosate

Ce vote a rendu furieux le SPD, qui rejetait cette proposition de la Commission européenne et participe toujours au gouvernement chargé d'expédier les affaires courantes. Angela Merkel a jugé "regrettable" l'initiative de son ministre.

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