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Turquie : le journaliste français Mathias Depardon va être expulsé par les autorités

Des manifestants brandissent des pancartes affichant "Liberté pour les journalistes" lors d'un rassemblement pour la liberté de la presse le 3 mai 2017, à Istanbul.
Des manifestants brandissent des pancartes affichant "Liberté pour les journalistes" lors d'un rassemblement pour la liberté de la presse le 3 mai 2017, à Istanbul. Ozan Kose, AFP

Le journaliste français Mathias Depardon, arrêté lundi lors d'un reportage dans le sud-est de la Turquie pour la magazine National Geographic, va être expulsé du pays où il vivait depuis plusieurs années, selon Reporters sans frontières.

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Le journaliste français Mathias Depardon, arrêté lundi 8 mai en Turquie, va être expulsé du pays selon l'ONG Reporters sans frontière (RSF) et son avocate, Emine Şeker. Une information relayée sur le compte twitter de Guillame Perrier, journaliste spécialiste de la Turquie.

Mathias Depardon, 37 ans, installé depuis plusieurs années dans le pays, réalisait un reportage sur le Tigre et l’Euphrate pour le magazine National Geographic à Hasankeyf, dans la province de Batman (sud-est), lorsqu’il a été interpellé.

RSF avait exigé mardi sa libération "immédiate et inconditionnelle".

Après plus de 30 heures de garde à vue à Hasankeyf, le journaliste français avait été remis mardi à la Direction des affaires migratoires, liée au ministère de l’Intérieur, à Gaziantep, dans une autre province du Sud-Est.

Il est soupçonné de “faire la propagande d’une organisation terroriste”. L’accusation semble se fonder sur des photos de militantes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation interdite par les autorités, publiées dans le passé par des médias français. Les policiers en auraient retrouvé la trace en examinant les comptes de Mathias Depardon sur les réseaux sociaux pendant sa garde à vue. "Les accusations absurdes portées contre lui semblent uniquement destinées à justifier a posteriori son interpellation arbitraire", déplore le représentant de RSF en Turquie, Erol Önderoğlu.

>> À voir : "Référendum en Turquie : Erdogan tout-puissant ?"

Les conditions de travail se sont dégradées ces derniers mois pour les journalistes étrangers en Turquie, selon des défenseurs de la liberté de la presse qui font état d'arrestations, d'expulsions et de difficultés administratives. En novembre, c'est Olivier Bertrand, un journaliste français travaillant pour Les Jours, qui a été arrêté pendant un reportage dans la province de Gaziantep, frontalière de la Syrie, avant d'être expulsé vers la France.

En avril, un journaliste italien, Gabriele Del Grande, a été arrêté en Turquie pendant qu'il faisait un reportage sur les réfugiés à la frontière syrienne. Après deux semaines de détention, il a été expulsé. Le journaliste germano-turc Deniz Yücel, correspondant de Die Welt, est lui détenu depuis fin février et accusé de "propagande pour une organisation terroriste" et "incitation à la sédition".

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au Classement mondial 2017 de la liberté de la presse de RSF.

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